Belgique

Jan Jambon (N-VA) défend réforme : « Plus de femmes vers travail à temps plein »

La réforme des pensions a été votée la semaine dernière. Selon le ministre des Pensions, Jan Jambon, « à mi-temps, on a une pension pleine ».


La réforme des pensions a été approuvée la semaine dernière. Une enquête nationale récente a révélé que les mesures fédérales, y compris cette réforme des retraites, peinent à convaincre la population. « Beaucoup de sondages montrent que les gens acceptent qu’il faille réformer les pensions et plusieurs systèmes dans notre pays, mais dès que cela affecte leur propre vie, leur opinion change », a déclaré Jan Jambon, le ministre des Pensions. Ce dernier reste persuadé de la nécessité de ces réformes « pour remettre le pays sur les rails ».

« On ne va pas diminuer le coût des pensions, mais on va diminuer l’augmentation des coûts de pension », a-t-il précisé. Le ministre rappelle que la justification pour revoir le fonctionnement du système de pensions est le coût du vieillissement. « Avec cette réforme, on ne va pas diminuer le coût des pensions, mais on va réduire l’augmentation des coûts de pension », a-t-il ajouté.

### Une réforme inégale ?

Une analyse de la réforme publiée à mi-avril par le Bureau du Plan a examiné les conséquences de la réforme des pensions, soulignant un impact plus négatif pour les femmes et un risque d’aggraver les inégalités entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les différents régimes de pension.

Le ministre défend sa réforme et évoque « les différents régimes de pensions » qui existent : « Un des objectifs est d’harmoniser les différents systèmes, » a-t-il expliqué. « Les pensions pour les fonctionnaires sont beaucoup plus élevées que celles des autres. Nous voulons donc harmoniser les différents systèmes graduellement, avec le temps », a-t-il déclaré, estimant que « c’est une question de justice ».

Concernant l’impact sur les femmes, le ministre indique que « nous prenons en compte les situations particulières des femmes. Tous les congés de soins et de maternité sont comptés comme du temps de travail », a déclaré Jan Jambon. Il a ajouté que ce qui change, c’est le nombre de jours nécessaires de travail par an. « Nous avons un peu augmenté la demande. C’était 104 jours dans un système de six jours par semaine. Donc 104 jours, cela représente quatre mois de travail. Maintenant, nous demandons un mi-temps de travail », a-t-il expliqué.

« À mi-temps, on a une pension pleine », a-t-il précisé. Il défend également l’introduction d’un malus pension qui réduira la pension de ceux qui la prennent avant l’âge autorisé. « Nous voulons établir un lien beaucoup plus direct entre le temps de travail effectif et la pension. Donc ceux qui travaillent plus auront une pension plus élevée. Ceux qui travaillent moins auront une pension moindre », a déclaré le ministre. Pour éviter le malus pension, il faudra totaliser 35 années de carrière avec au moins 156 jours par an de travail effectif, soit un total d’au moins 7020 jours. « À mi-temps, on a une pension pleine », assure le ministre.

Récemment, le SPF Pensions a montré que les femmes perçoivent encore des pensions inférieures à celles des hommes, avec un écart de 21 %. Le ministre semble optimiste quant à une évolution future. « La pension, c’est le résultat du temps de travail », a-t-il affirmé. « On observe qu’il y a de plus en plus de femmes qui évoluent vers un travail à temps plein », a-t-il argumenté. Selon lui, la réforme des pensions, en fixant « les règles du jeu », encouragera une évolution, notamment en matière de partage des tâches au sein des ménages.

### Réforme fiscale : le ministre justifie la refonte de la quotité exemptée d’impôts

Un autre dossier majeur pour Jan Jambon est la réforme fiscale en préparation. L’idée des « 500 euros » a beaucoup été évoquée. « Nous travaillons sur deux niveaux », a expliqué le ministre des Finances. « Nous souhaitons vraiment établir une différence entre les personnes qui travaillent et celles qui ne travaillent pas, avec un écart d’au moins 500 euros, car nous voulons motiver les gens à chercher du travail », a-t-il précisé. Il y aura donc « la réforme de l’impôt », qui vise « à augmenter le salaire net des travailleurs », et, d’autre part, « des avantages fiscaux pour ceux qui ont une allocation et ne travaillent pas, qui seront un peu réduits », a détaillé Jan Jambon. « La différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas sera d’au moins 500 euros, et pour beaucoup, ce sera bien plus que 500 euros », a-t-il ajouté.

La réforme fiscale inclura une augmentation de la quotité exemptée d’impôts, soit la part des revenus non taxable. L’augmentation est prévue pour les ménages avec jusqu’à deux enfants à charge, mais pas au-delà. La Ligue des familles a critiqué cet aspect, estimant qu’il désavantage les familles nombreuses. Le ministre s’est justifié en disant : « Les grandes familles étaient favorisées. Nous affirmons qu’un enfant est égal à un enfant. » « On va maintenant accroître les avantages fiscaux pour le premier et le deuxième enfant parce que, dans notre pays, 83 % des familles ont 0, 1 ou 2 enfants », a-t-il conclu.

### Budget fédéral : de nouvelles économies en vue

Le gouvernement De Wever fait face à un nouveau défi budgétaire. Environ 7 milliards d’euros d’efforts supplémentaires doivent être réalisés d’ici 2029. Jan Jambon refuse d’avancer des pistes ou de préciser ses « lignes rouges » avant de négocier avec ses partenaires de majorité. « La question, l’objectif principal, c’est que nous devons faire cet effort », a expliqué le ministre. « Je pense que c’est la dernière opportunité pour ce gouvernement de prendre de vraies décisions. Après, on sera tout près des élections et cela deviendra de plus en plus difficile. »

Au sein de la majorité, le CD&V a récemment suggéré de réduire les objectifs budgétaires en matière de défense. Le gouvernement a décidé de consacrer 2 % du PIB à ces dépenses, mais cela pourrait descendre à 1,8 %, selon le président du CD&V. D’autres partis, dont la N-VA, ne partagent pas cet avis. « Nous sommes membres de l’OTAN, et cela est impératif, surtout avec la situation géopolitique actuelle. Une des conditions pour être membre de l’OTAN est de contribuer à hauteur de 2 % du PIB. Nous devons respecter nos engagements envers les organisations nécessaires pour notre défense. Je pense que nous devons maintenir ce 2 % du PIB », a argué Jan Jambon.

### Bart De Wever, un nationaliste flamand ou un Premier ministre belgicain ?

Que pense le nationaliste flamand Jan Jambon de la manière dont Bart De Wever assume le rôle de Premier ministre ? Ce dernier a, par exemple, défendu la Belgique sur la question des avoirs russes au niveau européen. « La position de Bart est la même que celle de notre parti. Nous restons des nationalistes flamands », a répondu Jan Jambon. Après les élections de 2024, « nous avions deux choix : laisser la situation du pays se détériorer, ce qui nuirait aux Wallons, Bruxellois et Flamands, ou prendre nos responsabilités », a déclaré le ministre de la N-VA.

« Nous avons choisi de prendre nos responsabilités et voulons réaliser les réformes nécessaires, tout en préservant ces réformes pour l’avenir, » a-t-il ajouté. « Mais nous restons convaincus qu’une réforme de l’État vers plus de confédéralisme serait bénéfique pour les Wallons, les Bruxellois et les Flamands », a conclu le ministre.