Belgique

Ixelles : un chien nuit à la vie d’une famille.

Yurak est un chien berger suisse de presque trois ans qui se positionne derrière la grande fenêtre de ses maîtres pour observer la rue. La police est intervenue à trois reprises pour vérifier que tout allait bien, suite à des signalements de passants ayant vu le chien regarder par la fenêtre.


Yurak est un chien berger suisse âgé de presque trois ans, qui aime se positionner derrière la grande fenêtre de ses maîtres pour observer ce qui se passe dans la rue. Ce comportement s’est manifesté depuis son jeune âge. Il passe sa tête, ou parfois davantage, derrière un grand rideau blanc qui préserve l’intimité de l’intérieur de l’immeuble.

De nombreux passants, intrigués, s’approchent souvent. Certains s’interrogent également sur le fait que le chien pourrait être laissé seul ou même abandonné au rez-de-chaussée de l’immeuble. Parfois, ils décident d’intervenir, provoquant des désagréments pour Diego, le propriétaire du chien. « Jusqu’il y a quelques mois, des gens frappaient à la vitre cinq à dix fois par jour. Presque tous les jours. Certains ont même sonné directement à la porte, pour s’assurer qu’il y avait quelqu’un et pour s’assurer que le chien allait bien. »

Je leur ai alors dit : mais le chien, il dort. Et fichez-nous la paix.

La maman de Diego, Nancy, évoque des nuits perturbées par les curieux. « J’ai eu des gens qui frappaient à la vitre au milieu de la nuit. Je suis donc allée à la fenêtre. J’ai ouvert brutalement le rideau. Ils étaient tous interloqués. Je leur ai demandé ce qu’ils voulaient. Ils me disaient : on veut voir le chien. Je leur ai alors dit : mais le chien, il dort. Et fichez-nous la paix. » Pire encore, Diego raconte : « On a eu la police trois fois qui a débarqué à 9h du matin pour vérifier que tout allait bien. Tout ça parce que des gens ont vu un chien en train de regarder par la fenêtre. »

On a eu la police trois fois qui a débarqué à 9h du matin pour vérifier que tout va bien. Tout ça parce que des gens ont vu un chien qui est en train de regarder par la fenêtre.

Nancy ajoute : « Il y avait eu des mails envoyés aux forces de l’ordre pour dénoncer une potentielle maltraitance animale. C’est très agaçant. C’est très humiliant, aussi. Puisqu’on devait se justifier alors qu’on n’est pas coupable. On a aussi reçu la visite de membres de la cellule bien-être animal de la commune. Chaque fois, tout s’est très bien passé. Ils ont pu vérifier que Yurak est très bien soigné, qu’il a de l’espace, qu’on le sort plusieurs fois par jour et qu’il est suivi médicalement et est en ordre pour tous ses vaccins. Ces inspecteurs nous ont même dit que c’était un chien qui avait le sourire. »

Depuis, la police a conseillé à la famille d’installer des affiches sur la fenêtre expliquant que Yurak n’est ni maltraité ni abandonné, et qu’il dispose également d’un petit jardin privé accessible à l’arrière. Ses maîtres ont ajouté de gros codes-barres renvoyant vers des comptes Instagram et TikTok créés pour le chien. « Pour montrer aussi publiquement qu’on sort avec lui, que tout va bien. » Ces affiches sont visibles depuis plusieurs mois. « Cela a diminué les nuisances, mais cela ne les a pas stoppées entièrement. J’ai encore eu le cas il y a quelques jours de plusieurs personnes qui ont frappé à la vitre en pleine journée pour attirer le chien et le faire réagir. Moi, je travaillais à l’intérieur, à quelques mètres de là. C’est impossible de se concentrer. Je suis sorti et je leur ai parlé. C’était une famille avec des enfants. On entend tout de suite que c’est une famille quand l’alliance au doigt frappe aussi contre le carreau, cela aggrave encore le bruit. », explique Diego, en souriant. « Ils m’ont répondu qu’ils étaient désolés, mais que ce n’était pas très grave d’avoir frappé une fois au carreau. Je leur ai dit que c’était vrai, mais que quand cela arrive plusieurs fois par jour, on ressent les choses autrement. »

Diego et Nancy envisagent désormais de poser des bandes autocollantes translucides pour bloquer la vue sur le chien depuis la rue. Cela réduirait les problèmes pour eux, mais priverait aussi Yurak de la possibilité d’observer l’extérieur. « On ne veut pas le pénaliser non plus parce que, pour lui, c’est une distraction. », conclut Nancy.

Heureusement, il y a aussi des histoires plus joyeuses. Par exemple, des passants ont partagé des photos de Yurak derrière son rideau dans un magazine italien dédié aux chiens. « Cela l’a fait connaître. D’autres personnes qui passaient dans la rue nous ont aussi invités à un festival spécialisé à Anvers. On espère désormais qu’avec toutes ces informations et les affiches, on pourra être un peu plus tranquille chez nous, avec notre chien. » soulignent Nancy et Diego.