
Incendies en Europe : combien d’années pour la régénération de la nature ?
L’incendie de 2011 demeure gravé dans les mémoires comme le plus dévastateur jamais survenu dans les Hautes Fagnes, ayant ravagé près de 1500 hectares. Le major Didier Berghmans, qui était présent sur les lieux, décrit cette catastrophe comme un événement « impressionnant de par sa taille et sa rapidité ». Il se souvient des efforts intenses déployés par les pompiers, précisant que « 15 corps de pompiers à l’époque de la région ont participé » à la lutte contre les flammes, qui ont nécessité deux jours de combat acharné.
Près de quinze ans après ce sinistre, la nature commence à peine à se rétablir, mais le chemin reste long. Thomas Wislet, garde forestier au Département de la Nature et des Forêts (DNF) à Malmedy, souligne que « tout ce qu’il y a derrière moi était en train de brûler ». Il met en garde contre la molinie, une plante envahissante qui menace de prendre le dessus sur les zones récemment sinistrées. « Elle va envahir tout et va favoriser les futurs incendies », alerte-t-il, ajoutant que des efforts sont toujours en cours pour décaper cette plante afin de prévenir des zones trop vastes susceptibles de s’enflammer chaque printemps.
En 2023, un nouvel incendie, bien que moins destructeur, a encore frappé les Hautes Fagnes. René Dahmen, responsable du cantonnement d’Elsenborn pour le DNF, indique que les marques de ce sinistre sont encore visibles. « Le feu s’est arrêté net ici », précise-t-il, montrant la démarcation entre la végétation préservée à gauche et la zone brûlée à droite, où la molinie est désormais prédominante.
La préparation des pompiers s’est améliorée au fil des ans, ce qui a permis de limiter les dégâts cette fois-ci. Bien que l’incendie de 2023 n’ait pas causé autant de destruction qu’en 2011, il rappelle que chaque hectare perdu nécessite des décennies de réhabilitation pour la nature.
