Belgique

Incendies en Andalousie : trois victimes belges et polémique sur l’information

Aucun contact n’a pu être établi au cours du week-end avec les Belges portés disparus en Andalousie. Le bilan global de ces incendies s’est alourdi à 13 morts ce dimanche après le décès d’une Britannique de 93 ans qui était hospitalisée à Almería.


Aucun contact n’a pu être établi durant le week-end avec les Belges disparus en Andalousie. Il existe donc des raisons de penser qu’il pourrait y avoir trois victimes belges parmi les incendies qui ont ravagé le sud de l’Espagne, a rapporté dimanche soir un porte-parole du ministre des Affaires étrangères. « La confirmation officielle des autorités espagnoles pourrait prendre quelques jours car elle nécessite des examens sur les corps retrouvés », a-t-on précisé.

Le bilan des incendies s’est alourdi à 13 morts ce dimanche après le décès d’une Britannique de 93 ans hospitalisée à Almería.

Des détails ont émergé concernant l’une des potentielles victimes belges. Elle vivait dans le village de montagne de Bédar, situé dans la province d’Almería, au sud-est de l’Espagne. Un homme de 63 ans, accompagné de ses voisins, a tenté de fuir jeudi face à l’avancée des flammes à Bédar et s’est retrouvé piégé par l’incendie.

Thomas Verdonckt, son fils, est sur place. Il raconte qu’il était au téléphone avec son père au moment des événements : « De ce que je sais, lui et d’autres personnes s’étaient réunies, et ils cherchaient la meilleure solution pour s’échapper. C’était une situation très compliquée et je crois qu’on ne m’a pas encore tout dit. »

Selon lui, les autorités locales n’ont pas fourni d’instructions ou d’informations aux habitants. « Il n’y a pas eu d’avertissement. Ils n’étaient pas au courant de l’incendie. Au moment où ils l’ont découvert en voyant le feu par eux-mêmes, il était déjà trop tard. »

Les autorités locales ont cependant indiqué que des agents de police avaient effectué du porte-à-porte pour donner des instructions aux résidents. Le maire de Bédar, Angel Collado Fernandez, a déclaré avoir fait tout ce qu’il pouvait pour évacuer les gens. « On ne sait pas ce qui s’est passé avec ceux qui sont malheureusement morts. Avec le temps, nous saurons ce qui est arrivé, mais nous avons fait tout ce que nous avons pu pour que les personnes se mettent à l’abri le plus vite possible. »

« Il y a eu des rues où des voitures sont passées avec des mégaphones, parce que nous avons une série d’habitations très dispersées, éloignées les unes des autres. Mais nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour que tout le monde soit averti et puisse sortir à temps », a ajouté le maire.

Le système officiel d’alerte par SMS n’a pas été déclenché par le gouvernement régional, afin d’éviter un mouvement de panique et d’immenses files sur la seule route d’évacuation. Les habitants ont dû compter sur l’entraide et des communications via WhatsApp.

D’après la VRT, les enfants d’au moins trois Belges disparus sont présents sur place, en Espagne. Tous attendent les résultats ADN, qui devraient confirmer ou infirmer que leurs proches figurent parmi les victimes de l’incendie. Les corps des 12 victimes sont à Madrid, où le processus d’identification est en cours. Le maire n’a pas pu spécifier combien de temps cette procédure prendrait. L’identification des victimes est compliquée, car « le prélèvement d’échantillons auprès des familles est complexe, puisqu’elles viennent de l’étranger », a indiqué le Centre espagnol d’intégration des données dans un communiqué.

Parmi les possibles victimes se trouve également une Française, officiellement portée disparue, a annoncé samedi soir le ministère français des Affaires étrangères. Cette femme a probablement péri dans sa voiture en tentant d’échapper aux flammes, comme l’a raconté son mari, Jérôme Navarro, sur la chaîne de télévision française TF1.

Le couple venait d’arriver dans sa maison de vacances. « J’ai dit à ma femme ‘sors vite, tu laisses tout. Tu sors vite’. Et le temps de le dire, j’étais entouré d’une boule de feu. Je n’ai pu que partir en courant », a-t-il déclaré, très ému. Il a ensuite perdu le contact avec sa femme et tout espoir de la revoir. Lui aussi dénonce l’absence totale d’évacuation : « La mairie, la police municipale, la police locale, personne n’est venu prévenir. Vous vous retrouvez coincé, piégé. Quand on a vu le feu, c’était déjà trop tard. »

Les habitants peuvent désormais retourner dans leur logement. L’incendie est stabilisé. Ceux dont le logement est habitable pourront y séjourner, tandis que les autres devront retourner à l’hôtel ou chez des proches, selon les indications du maire de Bédar. Environ 600 évacués sur les 1.500 recensés ont déjà pu rentrer durant la nuit, grâce à l’amélioration de la situation.

Interrogée par l’AFP, Lore Van Moll, une Belge de 33 ans, de retour chez elle, a déclaré : « C’est un peu effrayant, parce qu’on entend des histoires tout le temps : pas seulement à propos des maisons, mais aussi des gens, et là on se rend compte qu’on a vraiment de la chance d’aller bien… c’est un énorme soulagement. »

Environ 7.000 hectares ont été ravagés par le feu dont le périmètre a atteint 40 km, selon le président de la région Andalousie. Le Premier ministre Pedro Sanchez est attendu sur les lieux lundi. Il rencontrera notamment les équipes d’urgence mobilisées.