
« Incendies à répétition dans le Var : les habitants attendent des nouvelles de leur maison »
En début de semaine, Germaine a été contrainte de quitter son domicile qu’elle occupe depuis 22 ans à Montfort-sur-Argens, un village perché sur une colline boisée, menacé par un incendie qui ravageait alors les environs de Cotignac.
Vendredi soir, ce « scénario cauchemar » s’est reproduit avec la reprise de l’incendie dans le massif du Gros Bessillon, obligeant les autorités à évacuer près de 2.500 habitants des villages de Correns, Carcès, Le Val et Châteauvert.
« Je n’ai jamais vu ça, la situation ne fait qu’empirer d’année en année. Maintenant on attend de savoir si notre maison a brûlé« , se lamente la retraitée, qui a passé la nuit dans un gymnase reconverti en centre d’accueil à Lorgues, situé à une vingtaine de kilomètres du sinistre.
Samedi, le nouveau feu avait déjà ravagé environ 1.500 hectares, et aucun retour des évacués à leur domicile n’était prévu, en raison du mistral fort qui pourrait raviver les flammes sous des températures caniculaires.
« C’est la deuxième fois en quelques jours que nous accueillons des habitants forcés de fuir les incendies« , souligne Thierry Dombrowsky, directeur général des services de la ville, désormais « rôdé« .
Vendredi soir, le centre a rouvert ses portes pour accueillir une centaine de personnes, leur offrant un repas chaud et des lits de fortune.
Les matelas sont disposés sur le sol dans une partie du gymnase maintenue au frais grâce à la climatisation, tandis que des miaulements se font entendre. En effet, dans ce centre où se côtoient toutes les générations, de nombreux évacués ont amené leurs chiens ou leurs chats.
Comme « dans un four »
« Hier après-midi, le feu est reparti d’une façon terrible comme des torches derrière le château de Montfort […] Il arrivait sur le village, ce qui est une première. D’habitude, les maisons du village sont assez épargnées« , raconte Christian Jarry, 72 ans.
Le Var a un long historique d’incendies estivaux, avec des milliers d’hectares brûlés lors des pires années de 1990, 2003 et 2021.
Cependant, comme dans le reste de la France, les incendies à répétition sont alimentés par la sécheresse, elle-même exacerbée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.
« Il fait une chaleur insupportable, plus de 40°C […] Vous vous en rendez compte, on a l’impression d’être dans un four« , a constaté samedi soir le préfet du Var, Simon Babre.
Aucune atténuation des températures n’est attendue dans les jours à venir.
Tous les évacués tentent de garder le moral, mais la conversation ne tourne qu’autour d’un seul sujet : la peur que cette spirale d’incendies ne s’arrête jamais.
« Les incendies vont devenir la norme, je ne retrouverai plus jamais les vacances de mon enfance« , se désole Louise, 19 ans.
Cette étudiante originaire d’Angers a passé tous ses étés dans la maison familiale de Carcès. Mais vendredi, lorsqu’elle a vu avec ses parents et sa petite sœur « des colonnes de fumée assombrir le ciel et la végétation brûler autour du village« , elle a décidé qu’à l’avenir, elle choisirait des « destinations moins menacées« .
