
Incendie dans les Hautes Fagnes : des photos aériennes pour les équipes d’intervention
L’Institut national géographique (IGN) a récemment pris des mesures cruciales pour lutter contre un incendie de grande ampleur, en sollicitant l’expertise d’une entreprise spécialisée dans la captation de données géographiques. L’objectif est d’utiliser des moyens aériens afin de fournir aux équipes au sol des informations précises et actualisées sur la situation. Grâce à des photographies aériennes de haute définition, l’IGN, sous l’égide du ministère de la Défense, soutient les interventions sur le terrain.
Rink Kruk, responsable du service « gestion de crise » à l’IGN, a expliqué la nécessité de ce partenariat : « Nous avons mis en place un contrat afin de recueillir rapidement des photos aériennes, des images LIDAR et des images infrarouges thermiques en cas d’inondation. Cet incendie en milieu naturel est tellement énorme qu’il est trop grand pour recueillir des photos avec des drones. Et les images des satellites ne sont pas vraiment utiles en cas d’urgence parce qu’ils passent tous les trois jours. De plus, les nuages empêchent de bonnes prises de vue ». Il a également souligné que certains feux, notamment ceux se développant sous terre, échappent à la détection.
Les photographies aériennes sont essentielles pour donner aux équipes d’intervention une vision claire et à jour des zones touchées. Un premier survol a déjà été effectué avec succès, et d’autres suivront pour suivre l’évolution de l’incendie. Rink Kruk a précisé : « Certains fronts sont assez faciles à identifier, mais ce n’est pas toujours le cas. Il y a aussi les feux en sous-sol qui ne sont pas détectables. Mais avec une caméra infrarouge, nous comptons bien identifier ces endroits. Cela permet de concentrer les efforts là où il le faut. » Ces images et données sont mises à la disposition de tous les services d’urgence, y compris les pompiers et la protection civile, pour les semaines à venir.
L’IGN a choisi l’entreprise Vansteelandt pour réaliser ces prises de vue aériennes. Un avion léger, le Tecnam P2006, a déjà survolé les Hautes Fagnes et s’apprête à photographier la zone touchée avec une précision remarquable. « On a une autonomie de cinq heures au total. Et de ces cinq heures, le pilote reste quatre heures au-dessus de la cible de la mission. On couvre entre 130 et 140 km² à peu près. Grâce à nos capteurs et cette technologie, nous obtenons des images en haute résolution, avec un grain de cinq centimètres, ce qui signifie que le détail est phénoménal », a déclaré Luc Coussement, directeur général de la société.
Ce survol a également pour but de détecter des feux couvants, invisibles à l’œil nu, qui peuvent persister longtemps sous la surface. « Le but de ce survol est de découvrir des feux couvants dans les sols. Invisibles, cela peut continuer des mois et ils sont très dangereux », a expliqué Coussement. Pour ce faire, un capteur thermique à infrarouge a été utilisé, permettant de repérer des zones où la température du sol atteint des niveaux alarmants.
Luc Coussement a également évoqué les défis liés à ces missions aériennes, notamment la chaleur extrême et les cendres qui peuvent endommager les moteurs. De plus, le trafic aérien dans la région est dense, avec d’autres services de secours en opération. Une fois les images captées, elles sont traitées via un logiciel pour créer des cartographies en 2D ou 3D, fournissant ainsi des informations précieuses aux équipes d’intervention, leur permettant de mieux cibler leurs efforts tout en minimisant les risques.
Ces initiatives visent non seulement à gérer la crise actuelle, mais aussi à enrichir la compréhension scientifique des incendies, permettant ainsi d’adapter les stratégies de lutte à l’avenir.
