Guerre en Ukraine : Poutine ne veut pas négocier avec Zelensky
Après plus de quatre ans de conflit, des négociations entre les présidents ukrainiens et russes pour mettre un terme à la guerre ne semblent toujours pas à l’ordre du jour. Selon le président russe, cette rencontre n’aurait pas d’intérêt tant qu’un accord de paix n’est pas signé : « Cela n’a d’intérêt que pour la partie ukrainienne afin d’arrêter l’avancée de nos forces armées. »
Après plus de quatre ans de conflit, des discussions entre les présidents ukrainien et russe pour mettre fin à la guerre ne paraissent toujours pas envisagées. Vladimir Poutine a décliné l’offre de rencontre formulée par son homologue ukrainien le jeudi 4 juin. D’après le président russe, un tel entretien n’aurait pas d’intérêt tant qu’un accord de paix n’est pas signé : « Cela n’a d’intérêt que pour la partie ukrainienne afin d’arrêter l’avancée de nos forces armées. Et nous, nous avons besoin d’accords », a-t-il déclaré.
Pour Vincent Jauvert, l’appel de Zelensky à engager des négociations est une décision très pragmatique : « Il a raison de dire qu’il est prêt à négocier puisque Poutine avait fait croire que Zelensky n’était pas prêt ». En affirmant sa volonté de rencontrer Poutine, le président ukrainien montre que les obstacles à la négociation viennent de Moscou, qui ne souhaite pas discuter du conflit actuellement : « Ça serait un aveu d’échec. Souvenez-vous, au départ, cette guerre devait durer 3-4 jours. (Avec une) opération Maduro à Kiev, c’est-à-dire la prise du leader et le remplacement du pouvoir par un pouvoir pro russe. […] Il n’arrive à rien, Poutine, seulement à prendre quelques kilomètres carrés. Donc, il n’a absolument pas atteint ses objectifs. Et quand il dit, ‘il faudra que j’atteigne mes objectifs’, il veut attendre ».
Actuellement, la Russie semble considérablement affaiblie sur le plan militaire, alors que l’armée ukrainienne regagne du terrain : « On peut se demander qui est le plus fort en réalité, puisque aujourd’hui, l’Ukraine s’apprête à produire sept millions de drones. Donc, Poutine et l’Ukraine sont à égalité, en quelque sorte, sur ce terrain-là. Reste que Poutine dispose de l’arme nucléaire, ce qui, évidemment, change tout en arrière-fond », explique Vincent Jauvert.
Face à la très grande fragilité économique et militaire de la Russie, plusieurs États européens se montrent favorables à l’ouverture de négociations entre la Russie et l’Ukraine, espérant que le président russe réalisera qu’il se trouve dans une position profondément désavantageuse. « Ils espèrent que peut-être Poutine viendra à la raison et qu’il ira en arrière. En réalité, ce serait la logique. Simplement, Poutine ne peut pas revenir en arrière. […] Il est sur un vélo, duquel il ne peut pas descendre, sinon il perd le pouvoir et sans doute sa vie et sa fortune », déclare Vincent Jauvert.
Selon lui, Poutine espère également un changement dans le camp occidental : « Il espère Trump, il espère un changement de pouvoir en France qui pourrait l’aider. Et il espère d’autres miracles de ce genre pour lui ».
Cependant, face à la situation en Iran, les États-Unis montrent de moins en moins d’implication dans les négociations de paix en Ukraine. Le président américain, Donald Trump, a néanmoins applaudi la décision de Volodymyr Zelensky concernant son initiative de rencontre avec le président russe. Un soutien américain également mis en évidence par l’attitude de Marco Rubio, secrétaire d’État américain, ce qui pourrait isoler encore davantage la Russie, analyse l’auteur de Kremlin confidentiel : « Marco Rubio revendique maintenant l’aide, […] à l’Ukraine : l’aide diplomatique, l’aide financière, l’aide militaire. Donc il semblerait que la ligne Rubio, qui est plus une ligne traditionnelle de guerre froide en quelque sorte, d’opposition avec la Russie et de présence américaine en Europe pour défendre les Européens démocrates, […] soit en train de gagner ».
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