
Guerre en Ukraine : Londres intercepte un pétrolier russe de la flotte fantôme
Le navire SMYRTOS a été arraisonné par des commandos des Royal Marines et des agents de l’Agence nationale contre le crime lors de la première opération de ce type dirigée par le Royaume-Uni. Selon le gouvernement britannique, une série d’incidents maritimes ayant eu lieu dans la mer Baltique depuis 2023 a été attribuée à des navires soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme utilisée par la Russie.
Lors de la première opération de ce type dirigée par le Royaume-Uni, le navire SMYRTOS a été arraisonné par des commandos des Royal Marines et des agents spécialisés de l’Agence nationale contre le crime, malgré les tentatives de la Russie de contourner les sanctions et de continuer à financer sa guerre en Ukraine, indique un communiqué du ministère.
L’opération, qui a eu lieu aux premières heures de la matinée et a duré six heures, a bénéficié d’un soutien aérien, incluant des hélicoptères Chinook, ainsi que de l’assistance de navires de la marine, dont la frégate HMS Sutherland. Le navire sera transféré vers un mouillage au large de la côte sud de l’Angleterre et placé sous surveillance, précise le communiqué.
« La Russie s’appuie sur sa flotte fantôme pour financer son conflit en Ukraine et notre interception porte un coup à la guerre illégale de Poutine », a commenté le ministre de la Défense Dan Jarvis, ajoutant que l’opération avait été réalisée « en étroite coordination avec les Français ». Perturber la flotte fantôme avec la coopération de partenaires internationaux « permet de s’attaquer directement aux ressources qui alimentent l’agression de la Russie en Ukraine et de réduire sa capacité à menacer la sécurité en Europe et au-delà », a-t-il précisé.
Londres a sanctionné des centaines de navires soupçonnés de faire partie de la flotte fantôme utilisée par la Russie pour contourner les embargos occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Ces navires, souvent de vieux pétroliers à la propriété douteuse, se voient interdire l’accès aux ports et services britanniques. Le Premier ministre Keir Starmer a jugé que l’opération de dimanche avait porté « un nouveau coup à la Russie et rappelle à ceux qui alimentent la guerre de Poutine en Ukraine qu’ils ne peuvent pas se cacher ». En mars, le gouvernement a annoncé que les forces britanniques seraient autorisées à monter à bord et à saisir les navires de la flotte fantôme traversant ses eaux.
Cette annonce a eu lieu après que Washington a assoupli certaines restrictions sur le pétrole russe pour atténuer la hausse des prix provoquée par la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. La France, la Belgique, la Finlande et d’autres pays européens ont récemment saisi des navires soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme russe.
D’après Londres, ces navires seraient également soupçonnés d’avoir endommagé à plusieurs reprises des câbles sous-marins dans la mer Baltique. Le gouvernement britannique a indiqué qu’il proposerait une nouvelle législation pour empêcher « la Russie et d’autres États hostiles » de saboter des câbles internet sous-marins vitaux. Depuis 2023, une série d’incidents maritimes se sont produits dans la mer Baltique, durant lesquels des câbles sous-marins et des lignes électriques ont été endommagés. Des experts militaires et des dirigeants européens estiment que la Russie a intensifié sa « guerre hybride » dans cette région stratégique, qui est désormais entièrement bordée par des membres de l’Otan, à l’exception de la Russie.
L’ancien ministre de la Défense John Healey, qui a démissionné cette semaine en accusant Keir Starmer de ne pas fournir de financements suffisants pour défendre la Grande-Bretagne, a déclaré en avril que les forces armées avaient pisté et dissuadé trois sous-marins russes dans les eaux britanniques de l’Atlantique Nord, à proximité de câbles et d’oléoducs sous-marins vitaux. La Grande-Bretagne est reliée au reste du monde par environ 64 grands câbles de télécommunications sous-marins.
