
Guerre au Moyen-Orient : les États-Unis intensifient frappes et blocus contre l’Iran
Les États-Unis ont réimposé leur blocus des ports iraniens, ce qui a conduit le vice-ministre iranien des Affaires étrangères à affirmer qu’ils avaient « démantelé » le protocole. Depuis lundi soir, plusieurs pétroliers ont été attaqués dans le détroit d’Ormuz ou ses environs, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés, selon l’Organisation maritime internationale (OMI).
En rétablissant leur blocus sur les ports iraniens, les États-Unis ont manqué à leurs engagements et ont « démantelé » le protocole, a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, dans la soirée. Ce climat de tensions et la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz ont entraîné une flambée des prix, le baril de Brent, référence internationale, ayant augmenté de plus de 9 % lundi, avant de voir sa hausse ralentir suite aux déclarations du président américain.
À l’instar de Téhéran, qui envisage de facturer le passage dans le détroit, Donald Trump a exprimé lundi son intention de prélever une redevance équivalente à 20 % de la valeur des cargaisons en échange de la protection de cette voie maritime, en contradiction avec le droit international et le principe de la liberté de navigation.
Cependant, dans un message diffusé mardi sur son réseau Truth Social, il a fait marche arrière, substituant ce projet par « des accords de commerce et d’investissements » avec les monarchies du Golfe.
Sur le terrain, après une nouvelle nuit de frappes américaines, l’Iran a rapporté durant la journée et en soirée des bombardements variés : à Bandar Abbas, sur l’île de Qeshm, près du détroit d’Ormuz, mais aussi à Bouchehr, où se situe sa seule centrale nucléaire, ainsi que dans la région pétrolière proche de l’Irak et du Koweït.
« We will hit them hard tonight, and we will hit them hard tomorrow, » avait averti lundi Donald Trump, qui a envoyé la semaine dernière une notification officielle au Congrès pour indiquer la reprise du conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines.
« Il est certain que cela ne fait pas du bien de voir son pays en guerre », a témoigné à Téhéran Hossein, un vendeur de 43 ans. « Mais je pense que c’est le droit naturel de chaque pays de se défendre lorsque son intégrité territoriale est attaquée. » Comme la veille, les Gardiens de la Révolution ont répliqué en frappant des installations américaines à Bahreïn.
Le Koweït a également été touché, quatre militaires koweïtiens ayant été blessés lors d’une des frappes iraniennes visant l’émirat.
Dans le détroit d’Ormuz ou ses environs, plusieurs pétroliers ont été attaqués, provoquant au moins deux morts et plusieurs blessés depuis lundi soir, selon l’Organisation maritime internationale (OMI). Ce jour-là, seuls sept navires de marchandises avaient emprunté le détroit, un chiffre au plus bas depuis le 13 juin, selon la société de suivi maritime Kpler.
Au-delà de l’impact sur le commerce mondial d’hydrocarbures, l’ONU s’est exprimée mardi sur les « graves conséquences socio-économiques et humanitaires » qu’implique le blocage de cette « voie de passage essentielle dont dépendent des millions de personnes » pour l’approvisionnement en nourriture, médicaments et autres produits de première nécessité.
Malgré les affrontements, Donald Trump considère qu’un accord avec l’Iran reste « possible », des consultations avec des médiateurs étant toujours en cours, selon la diplomatie iranienne. Le président américain cherche à faire pression sur Téhéran, qui désire maintenir le contrôle sur le détroit, où il n’autorise qu’un unique couloir de navigation le long de ses côtes, à travers ce nouveau blocus naval.
Durant le précédent blocus, instauré en avril en réponse à la fermeture du détroit par Téhéran, l’Iran n’avait pas réussi à exporter « un seul baril de pétrole », selon son négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf. Cette opération avait « joué un rôle déterminant dans la conclusion du protocole d’accord », selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW).
Jusqu’à présent, Israël n’a pas participé aux frappes, tandis que le front libanais, où les troupes israéliennes affrontent le Hezbollah pro-iranien, observe une certaine accalmie après une guerre dévastatrice. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a toutefois mis en garde les dirigeants iraniens contre une riposte « beaucoup plus puissante » que celle de début d’année en cas d’attaque.
