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Guerre au Moyen-Orient : les États-Unis attaquent les ports iraniens, Téhéran riposte au Koweït et à Bahreïn

Téhéran revendique d’imposer des droits sur Ormuz, un passage maritime clé pour le commerce mondial des hydrocarbures, et menace les navires contournant le seul itinéraire qu’il a autorisé. L’armée américaine a précisé avoir frappé quelque 90 cibles militaires iraniennes, avec l’objectif de « dégrader davantage la capacité de l’Iran à s’en prendre au transport maritime commercial et à d’innocents marins civils dans le détroit d’Ormuz ».


Téhéran affirme, malgré l’opposition de Washington, qu’il impose des droits sur le détroit d’Ormuz, un passage maritime essentiel pour le commerce mondial des hydrocarbures, au cœur des tensions actuelles. Il menace les navires qui contournent le seul itinéraire qu’il a autorisé, le long de ses côtes, et a, selon l’armée américaine, frappé mardi au moins trois navires commerciaux en transit. Le président Donald Trump a déclaré sur sa plateforme Truth Social que les nouvelles frappes américaines étaient « une réponse aux bombardements de navires menés hier par l’Iran. Si ça se reproduit, ce sera bien pire !”.

L’armée américaine a précisé sur X avoir frappé environ 90 cibles militaires iraniennes, incluant des systèmes de défense antiaérienne, des installations de surveillance côtière et des sites de stockage de missiles et de drones sur la côte sud de l’Iran. L’objectif est de « dégrader davantage la capacité de l’Iran à s’en prendre au transport maritime commercial et à d’innocents marins civils dans le détroit d’Ormuz ». Mohammad Bagher Ghalibaf, principal négociateur iranien dans les pourparlers avec les États-Unis, a réaffirmé jeudi que le détroit d’Ormuz ne serait ouvert que selon des « modalités iraniennes et non sous la pression des menaces américaines ».

En Iran, des explosions ont été entendues dans les villes portuaires de Bandar Abbas, Konarak et Chabahar, selon les médias d’État. Un pompier a perdu la vie suite à une attaque contre l’aéroport d’Iranchahr, d’après la télévision d’État. À Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire civile d’Iran, une base militaire a été frappée selon un responsable local, tout comme un pont ferroviaire dans le Golestan, rapportent plusieurs médias.

En réponse, les Gardiens de la Révolution iraniens ont de nouveau visé des pays du Golfe. Ils ont indiqué dans un communiqué diffusé par la télévision d’État avoir lancé des attaques de drones et de missiles contre les bases américaines d’Arifjan et d’Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que celles de Juffair et Sheikh Isa au Bahreïn. Ils ont également menacé d’étendre leur riposte à d’autres bases dans la région si Washington frappait à nouveau.

Au Koweït, l’armée a affirmé avoir repoussé des attaques « hostiles » de missiles et de drones. À Bahreïn, où plusieurs explosions ont été entendues par un journaliste de l’AFP, les autorités ont déclenché à deux reprises les sirènes d’alerte aérienne. Par ailleurs, au Qatar, les habitants ont reçu une brève alerte en raison d’une menace sécuritaire jugée élevée.

Un protocole d’accord avait été signé entre les États-Unis et l’Iran le 17 juin, permettant la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transitent normalement 20 % du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial. Après avoir trouvé ce terrain d’entente, Washington et Téhéran avaient repris des négociations difficiles en vue d’un règlement durable du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l’Iran.

Cependant, mercredi, après de violents échanges de frappes, Donald Trump avait estimé que le cessez-le-feu ne tenait plus, tout en assurant que les nouveaux affrontements cesseraient « très rapidement ». Revenant du sommet de l’Otan en Turquie, il a indiqué mercredi soir que les Iraniens « ont appelé il y a peu, ils veulent tellement décrocher un accord », tout en mettant en doute leur capacité à tenir leurs promesses.

Aux tirs attribués à Téhéran contre trois navires commerciaux, Washington a répondu par une première série de frappes dans la nuit de mardi à mercredi en Iran, selon l’armée américaine. Huit militaires iraniens ont été tués, d’après la télévision d’État. Téhéran a ensuite affirmé avoir répliqué en frappant des installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Le Qatar et le Pakistan ont appelé à respecter le protocole d’accord, signé grâce à leur médiation, et à œuvrer pour la désescalade. Les échanges de frappes ont entraîné une hausse des prix du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, augmentant de plus de 5 %. Jeudi, à la mi-journée en Asie, il progressait de plus de 1 % à 78,85 dollars. Washington a rétabli mardi ses sanctions sur le brut iranien, levées par le protocole d’accord qui avait permis la réouverture du détroit.

Ce regain de violence survient lors des funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué le premier jour de la guerre, qui doit être inhumé jeudi dans sa ville de Machhad, au nord-est de l’Iran.