Belgique

Fin des exclusions d’assurance solde restant dû pour cancers depuis le 1er juin.

Aude a acheté sa maison à rénover en 2018, trois années après avoir eu un cancer. Léa doit donc attendre encore un an avant de bénéficier de ce droit à l’oubli.


Aude a acquis sa maison à rénover en 2018, trois ans après avoir été atteinte d’un cancer. À ce moment, elle a sollicité un prêt à la banque, mais a été confrontée à une mauvaise surprise.

> « Ça a été un choc pour moi », raconte-t-elle.

Elle précise : « J’étais mal informée sur le fait que quand on prenait un crédit et qu’on avait eu un cancer, on n’avait pas droit à l’assurance solde restant dû. Ça a été un choc pour moi de me rendre compte que non seulement je n’avais pas droit à cette assurance, mais qu’en plus, la prime que j’allais payer pour un crédit hypothécaire serait plus importante que si je n’avais pas dû déclarer cette maladie. »

Depuis, une loi a été adoptée, stipulant qu’une compagnie d’assurances ne peut plus refuser un contrat ou imposer une prime plus élevée à une personne guérie depuis cinq ans.

Pour Léa, également touchée par un cancer, le délai d’attente n’est pas encore écoulé. « Voilà quatre ans que je suis en rémission », déclare-t-elle en affichant une pancarte commémorant cette étape.

Léa doit encore patienter un an avant de pouvoir bénéficier du droit à l’oubli. Sur le questionnaire médical lors d’une demande d’assurance solde restant dû, elle ne sera alors plus tenue de mentionner le cancer diagnostiqué à 21 ans.

> « Je trouve ça chouette de ne pas devoir revenir sur quelque chose qui est passé », affirme-t-elle, comme si le mot « maladie » devait rester accroché à elle. « C’est un peu une étiquette. Clairement, on peut parler de discrimination. C’est compliqué à accepter, on se dit qu’on a fini de se battre pour quelque chose. »

### Aussi pour l’assurance annulation voyage

De nos jours, le droit à l’oubli s’étend également à l’assurance annulation voyage, comme le souligne Brecht Gunst, directeur de l’impact à la Fondation contre le cancer. « C’est important de pouvoir faire des plans, de regarder l’avenir et de pouvoir planifier aussi un voyage sans inquiétude. La personne n’est pas réduite à son cancer mais est définie par son avenir. »

Avec ces évolutions, les personnes guéries pourront effacer un peu plus le mot cancer de leur quotidien.