
Évadée d’un hôpital : « Notre seul moyen de défense, c’est un BIC »
Une évasion spectaculaire a eu lieu ce mardi après-midi à Bruxelles, lorsqu’une détenue de 28 ans, incarcérée pour des infractions de droit commun, a réussi à s’échapper de l’hôpital où elle était soignée. La femme était sous la surveillance d’agents de la prison d’Haren, mais la CSC prison a souligné que cette mission aurait dû être assurée par des policiers de la Direction de sécurisation (DAB) de la Police fédérale.
Créée en novembre 2017, la DAB a pour rôle principal d’assurer la sécurité des transferts de détenus et leur surveillance lors de leurs hospitalisations. Yasin Sarikaya, vice-président de la CSC pour les prisons bruxelloises, a déclaré : « La DAB avait précisément pour mission d’assurer les transferts de détenus et leur surveillance lors des hospitalisations. Aujourd’hui, cette mission est revenue aux agents pénitentiaires. Pourtant, nous ne sommes ni réellement formés pour ce type d’intervention, ni armés, ni équipés pour y faire face ».
La situation est d’autant plus préoccupante que les prisons belges font face à un manque de personnel. Actuellement, la prison d’Haren, comme d’autres établissements, doit mobiliser ses propres gardiens pour surveiller les détenus hospitalisés, une tâche qui exige six agents par jour pour chaque patient. « Si un détenu reste une semaine à l’hôpital, cela représente 42 journées de travail », a noté Sarikaya, ajoutant que cette situation est devenue intenable.
Le surpeuplement des prisons aggrave encore la situation. « Nous comptons 1434 détenus pour une capacité de 1190 places. Il y a environ un mois, dix détenus étaient hospitalisés simultanément, nécessitant près de 60 agents pour leur surveillance », a déclaré Didier Bruelheid, délégué permanent des établissements pénitentiaires pour la CSC.
La sécurité des agents est également mise en question. Bruelheid a souligné que leur unique moyen de défense est un stylo BIC, ce qui est insuffisant en cas d’attaque. « Si des malfaiteurs tentaient de faire évader un détenu, nous n’aurions pas les moyens de riposter. La DAB, elle, a été créée pour ce type de mission et dispose d’un équipement adapté », a-t-il ajouté.
La CSC prison appelle à des solutions rapides face à cette crise de sécurité et de personnel. Les syndicats s’inquiètent non seulement pour la sécurité des agents, mais aussi pour celle des autres patients et du personnel médical. « Cette situation peut aussi amener un danger supplémentaire pour les autres patients de l’hôpital, voire pour les soignants eux-mêmes », a conclu Yasin Sarikaya.
Dans un dernier développement, il a été rapporté que la détenue évadée a été retrouvée le 8 août et ramenée à la prison de Haren « en bonne santé ». Les tentatives de contacter la police fédérale pour obtenir des commentaires sur cette situation n’ont pas abouti jusqu’à présent.
