Enquête mobilité : le train peut-il rivaliser avec la voiture et l’avion ?
Sur le trajet Bruxelles – Ostende, le coût réel d’une voiture en Belgique est estimé entre 80 et 100 euros, tandis qu’un aller-retour en train coûte généralement entre 15 et 25 euros pour une personne seule. Pour une famille de quatre personnes, le budget alloué aux billets de train augmente rapidement, rendant la voiture plus compétitive financièrement.
Bruxelles – Ostende : le train est plus avantageux pour les voyageurs seuls, tandis que la voiture devient plus rentable pour les familles. Ce trajet fréquent vers la côte belge, mesurant entre 108 et 115 kilomètres selon l’itinéraire, présente un affrontement entre le train et la voiture qui variera en fonction du nombre de passagers.
Pour une personne seule, le train s’avère économiquement supérieur, avec un aller-retour SNCB coûtant généralement entre 15 et 25 euros. En voiture, beaucoup se contentent d’évaluer le coût du carburant, soit environ 26 euros pour un aller-retour de 230 kilomètres, basé sur une consommation moyenne de 6,5 litres aux 100 kilomètres.
Cependant, ce calcul peut être trompeur lorsqu’on prend en compte d’autres dépenses telles que : l’assurance, les pneus, l’entretien, l’amortissement et le stationnement. Le coût réel d’une voiture en Belgique est estimé entre 0,35 et 0,45 euro par kilomètre, ce qui signifie qu’un trajet Bruxelles–Ostende coûte réellement entre 80 et 100 euros.
Durant l’été, le train devient une option encore plus intéressante. Alors que le temps de trajet en train est stable à environ 1h15, les embouteillages vers la côte peuvent allonger la durée du trajet en voiture à plus de 2h30.
L’aspect écologique de cette comparaison est également significatif. Selon ADEME (agence de transition écologique), une personne voyageant seule en voiture émet jusqu’à six à dix fois plus de CO₂ qu’un voyage en train. Les émissions de CO₂ sont calculées par passager et non par véhicule, ce qui fait que n’importe quel nombre de passagers dans une voiture consomme à peu près la même quantité de carburant. Si quatre personnes partagent la voiture, les émissions totales sont réparties entre tous, réduisant fortement l’empreinte carbone par passager.
Pour une famille de quatre, la situation diffère. Le coût du carburant reste similaire, mais le coût des billets de train augmente rapidement, même avec des réductions SNCB. Dans ce cas, la voiture devient économiquement plus compétitive.
Malgré cela, le train offre des avantages cruciaux comme l’absence de fatigue au volant, la liberté de mouvement, l’absence de stress lié à la circulation, et le temps disponible pour lire ou travailler. En revanche, la voiture présente certains atouts tels que : la gestion des bagages, la flexibilité, les déplacements sur place, et l’adéquation pour les familles avec enfants.
Bruxelles – Milan : ici, le train de nuit défie l’avion. Sur une distance européenne d’environ 700 à 850 kilomètres, le choix devient davantage stratégique. Bien que l’avion soit le moyen le plus rapide, le train de nuit fait des progrès grâce au retour des réseaux ferroviaires européens.
Sur un vol Bruxelles–Milan avec Brussels Airlines, prévoyez environ 1h30. Toutefois, ce temps reste très relatif lorsqu’on prend en compte : le trajet vers l’aéroport, les contrôles de sécurité, l’embarquement, la récupération des bagages, et le transfert des aéroports comme Malpensa, Linate ou Bergame. Au total, un voyage peut dépasser cinq à sept heures. Le train de nuit, bien qu’il prenne de 12 à 15 heures, permet souvent aux passagers de dormir durant le voyage, ce qui modifie la perception du temps de trajet.
Actuellement, il n’existe pas de train de nuit direct quotidien entre Bruxelles et Milan, la plupart des trajets incluent des escales à Munich ou Vienne. Notons que les nouvelles générations de trains de nuit offrent désormais des mini-cabines individuelles, des couchettes modernes, des capsules privées, et parfois des douches, avec des tarifs variant entre 50 euros et jusqu’à 300 euros pour une cabine lit.
Concernant l’impact écologique, pour le trajet Bruxelles–Milan, les chiffres sont frappants :
– avion : environ 150 à 250 g/km de CO₂ par passager
– train : environ 5 à 35 g/km de CO₂ par passager
Ainsi, le train peut émettre jusqu’à vingt fois moins de CO₂ que l’avion. Pour les familles, le train de nuit présente aussi des bénéfices tels que : moins de stress logistique, plus d’espace, et la possibilité de dormir, bien que les cabines familiales puissent faire grimper les prix.
L’avion reste le choix prédominant pour les séjours courts et les voyageurs pressés, mais le train de nuit redevient progressivement une alternative crédible pour ceux qui favorisent le confort, l’écologie, et une autre façon de voyager.
Coût des transports, télétravail, inégalités territoriales, alternatives concrètes : pendant un mois, ce sujet sera abordé dans tous nos médias. Vos témoignages et histoires pourraient apporter des solutions à d’autres. N’hésitez pas à partager vos idées et récits ici. La mobilité est au centre de notre 3ème édition « Parlons Solutions ».

