Belgique

En Islande, la chasse à la baleine perdure, Paul Watson intervient.

À Hvalfjörður, un port pittoresque d’Islande, la saison de chasse aux baleines bat son plein, s’étendant de la mi-juin à la mi-septembre. Les navires de pêche, une fois revenus au port, sont accueillis par des ouvriers qui s’affairent à dépecer les cétacés. Cette activité, bien que controversée, reprend avec une intensité qui suscite l’indignation des défenseurs des droits des animaux.

La Fondation Paul Watson, connue pour son engagement en faveur de la protection des baleines, a mobilisé ses équipes pour filmer ces scènes choc. Leur but est clair : dénoncer la reprise de la chasse aux cétacés en Islande et faire pression pour son interdiction. Paul Watson lui-même a déclaré : « L’adhésion de l’Islande à l’Union européenne est conditionnée par l’arrêt de la chasse à la baleine, celle-ci étant interdite par la réglementation européenne. Le Parlement européen doit être pleinement informé de ces agissements et nous comptons rendre cet incident public. »

Les images capturées par les militants montrent sans détour le dépeçage des baleines, illustrant ce que de nombreuses organisations de défense des animaux qualifient de véritable boucherie. Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, a souligné que cette année, près de quarante baleines ont été tuées, dont plusieurs femelles gestantes, avec des fœtus retrouvés arrachés de leur ventre.

Malgré la faible consommation de viande de baleine parmi les Islandais, la chasse continue de susciter des débats. Lamya Essemlali a exprimé l’espoir que cette pratique soit enfin interdite. Actuellement, un projet de loi visant à mettre fin à la chasse est à l’étude, mais en attendant, la Fondation Paul Watson ne reste pas inactive. Ses navires, comme le Bandero, tentent de s’interposer entre les baleines et les chasseurs. Récemment, l’équipage du Bandero a tenté d’intercepter le baleinier Hvalur 9, mais leur manœuvre d’éperonnage a échoué en raison de la différence de taille entre les deux navires. Ils ont ensuite essayé de bloquer le baleinier en jetant des filets dans ses hélices.

Cependant, la situation a rapidement dégénéré. Les gardes-côtes islandais, soutenus par des forces spéciales, ont arraisonné le Bandero. Paul Watson a rapporté : « Au cours de la dernière demi-heure, notre navire a été arraisonné après que nous avons réussi à faire échouer une mission de chasse à la baleine. » La présidente de Sea Shepherd France a dénoncé le déploiement excessif de force pour empêcher leurs actions de sauvetage.

Les membres de l’équipage, au nombre de 21 et comprenant un Belge, ont été conduits à Reykjavik, où ils ont été accusés d’infractions au droit maritime. Gunnar Runar Sveinbjörnsson, porte-parole de la police islandaise, a confirmé que tous les membres de l’équipage avaient reçu une décision d’expulsion, accompagnée d’une interdiction de retour. Selon les informations fournies, l’équipage comprenait également des ressortissants de plusieurs autres pays, dont les États-Unis, le Brésil, la France, l’Espagne, l’Australie, le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suisse et Trinidad-et-Tobago.

Avec la Norvège et le Japon, l’Islande demeure l’un des rares pays à poursuivre la chasse commerciale aux baleines, une pratique de plus en plus contestée sur la scène internationale.