
Électricité : près de 20 cents le kWh en contrat fixe, un record depuis deux ans.
Le tarif de l’électricité chez Luminus atteint désormais près de 20 cents (19,87) le kWh pour le contrat fixe le moins cher, un niveau alarmant alors que les températures estivales incitent à l’utilisation accrue des climatiseurs. Ce chiffre représente le tarif le plus élevé observé depuis deux ans, dépassant même les prix enregistrés en avril, au moment où les tensions au Moyen-Orient ont provoqué une flambée des coûts des combustibles.
Cette situation soulève de nombreuses questions : comment en est-on arrivé là et quelles solutions envisager ?
Les prix du gaz avaient déjà connu une forte hausse en mars, atteignant plus de 50 euros le Mégawattheure, en raison des craintes suscitées par le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Après une période de stabilisation, la reprise des hostilités en juillet a entraîné un nouveau pic à 63 euros le 24 juillet, soit le double du tarif d’il y a six mois, un record depuis janvier 2023.
Les fournisseurs d’énergie se voient contraints d’ajuster leurs contrats fixes face à cette volatilité des prix. Les stocks de gaz sont insuffisants et la demande pourrait augmenter à l’automne. Certaines entreprises, comme Mega, ont enregistré des hausses brutales, avec une augmentation de 42 % du tarif du gaz pour le contrat le moins cher, passant de 5,22 cents à 7,41 cents le kWh. D’autres fournisseurs, tels que Total, Luminus et Octa +, ont également augmenté leurs tarifs de plus de 20 %. En revanche, Engie a maintenu ses prix relativement bas, probablement grâce à une gestion efficace de ses contrats d’achat.
La situation de l’électricité est encore plus complexe. Les fluctuations des prix de gros peuvent être extrêmes, variant d’un MWh à plus de 100 euros à des prix négatifs en quelques jours, selon les conditions climatiques. En avril, la production éolienne et photovoltaïque avait permis de maintenir des prix bas, mais en juillet, la baisse de la production due à la chaleur a conduit à des prix élevés.
Les périodes de chaleur sont marquées par un faible vent et une diminution de l’efficacité des panneaux solaires, tandis que plusieurs centrales nucléaires ont été mises à l’arrêt. Ces facteurs ont contribué à la hausse des prix de gros, entraînant des augmentations significatives des contrats fixes pour le mois d’août. Engie propose toujours des tarifs plus compétitifs, tandis qu’Octa + offre désormais le contrat fixe le moins cher à 16,84 cents, alors qu’au début de l’année, le tarif était de 12 cents le kWh.
Pour ceux ayant un contrat variable, la situation est également préoccupante. En août, les clients d’Engie avec un contrat fixe paieront moins cher que ceux ayant opté pour un tarif variable, en raison de l’absence d’augmentation des prix fixes. Bien que la consommation de gaz soit généralement plus faible en août, les hausses de prix de l’électricité en juillet représentent une mauvaise nouvelle pour les consommateurs, surtout avec l’utilisation accrue des climatiseurs.
Face à cette situation, il est conseillé de rester vigilant. Ceux qui ont un contrat fixe devraient le conserver, car les prix de gros sont en train de redescendre. Les consommateurs en fin de contrat devraient examiner attentivement les offres proposées, en évitant celles d’août si elles sont trop élevées. Pour les contrats variables, bien que la facture d’électricité soit élevée, il n’est pas recommandé de changer de contrat à ce stade, sauf pour un contrat fixe en gaz chez Engie.
En résumé, la meilleure stratégie consiste à surveiller attentivement les évolutions du marché et à choisir judicieusement entre les contrats fixes et variables, en tenant compte des fluctuations géopolitiques et des conditions climatiques.
