Belgique

Drone explosif à Leipzig : le général Dominique Trinquand évoque Poutine acculé.

L’Allemagne a désigné la Russie comme l’instigatrice d’une attaque avortée impliquant un drone explosif à l’aéroport de Leipzig, survenue au début du mois d’août. Des analyses ADN ont révélé la présence de deux ressortissants russes sur l’appareil piégé. Ce fait s’inscrit dans un contexte où les activités de drones russes se multiplient. En août, la Roumanie a abattu un drone maritime chargé d’explosifs près de ses côtes, tandis qu’un autre drone aérien a pénétré l’espace aérien bulgare avant d’exploser à proximité de la frontière roumaine.

Régis De Rath, expert en sécurité, souligne que l’attribution directe de cette attaque à la Russie marque un tournant significatif. Il déclare : « Ce n’est plus une guerre hybride avec une perturbation de logiciel dans un département d’État ou dans un ministère ou dans un hôpital. Ici, il s’agit d’un acte terroriste avec des explosifs qui avaient été placés pour faire sauter un avion ukrainien qui transitait par l’aéroport de Leipzig. »

Face à cette escalade, l’Union européenne et les États-Unis adoptent une posture de fermeté. Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, indique que les pays européens, désormais dotés de règles d’engagement claires, n’hésitent plus à détruire les drones russes dès qu’ils apparaissent. Il précise que cette évolution témoigne d’une résistance croissante face aux attaques russes.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a qualifié ces actions d’attaques, affirmant qu’elles possédaient « toutes les caractéristiques du terrorisme d’État ». Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a réitéré son soutien indéfectible à l’Ukraine, affirmant que les tentatives de déstabilisation n’ont fait que renforcer sa détermination.

La solidarité des États-Unis s’est également manifestée lors d’une récente réunion de l’OTAN à Ankara, où la visite du directeur de la CIA à Moscou a été interprétée comme un avertissement au Kremlin, selon Trinquand.

Quant à la Russie, elle semble attendre une réaction de l’Europe. Bien que l’Union européenne ait imposé des sanctions sur le gaz russe, elle continue d’en acheter, révélant une dépendance persistante. Pauline Simonet souligne que les Européens pourraient faire face à une hausse des prix du gaz, limitant ainsi leur capacité à interrompre complètement leurs achats. Elle mentionne également que les élections à venir dans certains pays européens, comme la France, pourraient compliquer l’unité de la réponse européenne.

La situation actuelle soulève des interrogations sur une possible escalade militaire. Dominique Trinquand explique que l’intensification des attaques russes sur Kiev est liée à la position délicate de Vladimir Poutine. La guerre, initialement prévue comme un conflit éclair, s’éternise et stagne, ce qui pourrait avoir des répercussions politiques pour le président russe. Des rumeurs circulent selon lesquelles Poutine craindrait pour sa sécurité personnelle en cas de défaite, ce qui pourrait expliquer l’augmentation des opérations militaires. « Je crois que Poutine sait aujourd’hui que s’il ne va pas plus loin, il a perdu la partie. […] Il est acculé et donc il fonce vers le précipice, même s’il ne reconnaît pas que c’est un précipice », conclut Trinquand.