Belgique

Des syndicalistes italiens à Charleroi pour honorer les 262 victimes du Bois du Cazier

Les commémorations marquant les 70 ans de la tragédie du Bois du Cazier ont débuté ce vendredi, rassemblant près de 200 participants pour rendre hommage aux 262 victimes de cet événement tragique qui a profondément marqué la région. Au cœur de la cérémonie, des gerbes de fleurs ont été déposées au pied du Monument international dédié aux victimes du travail, situé sur la Grand-Place de Marcinelle.

Parmi les présents, des représentants syndicaux belges ont côtoyé une centaine de délégués italiens. Maurizio Landini, secrétaire général du CGIL, le principal syndicat d’Italie, a souligné l’importance de cet événement en déclarant : « Cette tragédie parle de l’histoire de notre pays. Des millions d’Italiens ont été forcés d’aller travailler à l’étranger. Il n’est pas acceptable de mourir au travail« . Il a également insisté sur la nécessité de construire une société qui place le bien-être des travailleurs avant les impératifs de production.

Les syndicats, tout en honorant la mémoire des disparus, ont également profité de cette occasion pour attirer l’attention sur les nouvelles formes de précarité qui touchent le monde du travail aujourd’hui. Luc Triangle, secrétaire général de la confédération syndicale internationale, a rappelé que des vies continuent de se perdre sur les lieux de travail : « On perd encore aujourd’hui des vies sur des lieux de travail. On a perdu six ouvriers sur un chantier de construction à Bruxelles. C’était il y a quelques semaines. On a aussi récemment perdu 40 mineurs au Pakistan. Donc cela continue. Ce n’est pas acceptable qu’un travailleur quitte sa maison le matin et ne revienne pas le soir« .

De son côté, Carlo Briscolini, représentant de la FGTB Charleroi, a dénoncé les nouvelles réalités du travail, évoquant les « mineurs de l’an 2000 », qui incluent les travailleurs détachés dans les secteurs de la construction et du transport, ainsi que les intérimaires et les flexi-jobs. « Il n’y a certes, chez nous, plus de mineurs. Mais on a d’autres situations. Ces gens-là sont plus à risque d’accident sur leur lieu de travail« , a-t-il ajouté.

Les cérémonies se poursuivront samedi dès 08h00 sur le site de l’ancien charbonnage, poursuivant ainsi un travail de mémoire essentiel.