Demi-mensonge : Jérémy Doku serait sur le banc ?
Jérémy Doku a quitté l’entraînement le 9 juin en raison d’un problème respiratoire mineur et a été déclaré forfait pour le match contre l’Iran le 20 juin. Au total, il a joué 198 minutes lors de la Coupe du monde 2026, avec seulement trois tentatives de but, dont une seule cadrée.
Sur place ou depuis la Belgique, la Coupe du monde 2026 des Diables Rouges suscite de nombreuses interrogations. Deux résultats nuls lors de rencontres jugées accessibles (contre l’Égypte et l’Iran), une victoire historique contre la Nouvelle-Zélande, la nation la moins bien classée du tournoi, et une qualification inespérée alors que l’équipe n’avait rien montré durant 85 minutes de jeu contre le Sénégal.
Certaines situations individuelles méritent une attention particulière, en particulier celle de **Jérémy Doku**.
### Impossible à défendre
L’ailier faisait l’unanimité avant le début du Mondial 2026, comme en atteste le consensus parmi ses coéquipiers et ses adversaires. La Belgique semblait, sur le papier, dépendante de Doku.
* »Il est devenu plus efficace. Il fait de 15 à 20 dribbles par match, c’est impossible à défendre. Moi, je dribble trois fois par match et je suis fatigué (rire). Il a quelque chose de très spécial. Il sait quand avancer et quand passer le ballon. Il me facilite la vie sur le terrain, »* confiait **Kevin De Bruyne**, ancien partenaire à Manchester City.
* »Je le place au plus haut niveau, au même rang que **Lamine Yamal**. Pourtant, il est encore plus fort et explosif. Il est magistral. On peut à peine lui prendre le ballon. Peut-on l’arrêter ? Nous ne pouvons pas faire grand-chose. On peut uniquement le forcer à aller vers sa gauche, mais même ça… »* s’émerveillait **Joaquin Seys**.
Joueur le plus déterminant lors des qualifications de l’équipe dirigée par **Rudi Garcia** (cinq buts et trois passes décisives), le **Doks** a terminé sa saison en Premier League sur une note positive, ce qui était idéal pour aborder la compétition avec confiance et sème la peur chez les adversaires.
### « Il n’y a rien du tout ! »
Le 9 juin, le lendemain de l’arrivée des joueurs belges aux États-Unis, un doute se fait sentir. **Jérémy Doku** quitte l’entraînement en cours de séance en raison d’un problème respiratoire léger qu’il traîne depuis le rassemblement à Tubize. Ce mal était-il déjà présent trois jours plus tôt, lors d’un match amical contre la Tunisie où il a délivré deux passes décisives ? La question reste en suspens. L’inquiétude diminue le lendemain lorsque **Koni De Winter**, son coéquipier et ami, rassure : * »Il n’y a rien de grave. Il n’y a rien du tout ! »*
Une bonne nouvelle, semblait-il, suivie quelques jours plus tard par une autre sur le plan personnel. Au détour d’une interview de 25 minutes, le milieu de terrain de 24 ans annonce qu’il va devenir papa pour la première fois, aux alentours du début juillet. Bien évidemment, il souhaite être présent pour cet événement. Surpris par cette annonce, l’encadrement de l’équipe nationale a promis une communication officielle qui est toujours attendue. Les spéculations commencent alors.
Le 20 juin, veille du match contre l’Iran, **Doku**, qui était inoffensif lors de la première rencontre face à l’Egypte, se rend à Los Angeles, mais une réunion improvisée a lieu quelques instants avant l’entraînement des Diables. Le directeur sportif de la RBFA, **Vincent Mannaert**, précise, avec fermeté : l’infection respiratoire persiste, et le joueur est déclaré forfait pour le match contre l’Iran. Il quitte immédiatement la sélection pour rejoindre sa compagne **Shireen** à Londres, alors que la naissance est imminente.
### Le demi-mensonge de Rudi Garcia
Le 23 juin, comme convenu, **Doku** retrouve le groupe pour préparer le match crucial contre la Nouvelle-Zélande. Il commence cette rencontre malgré un * »Normalement, non »* de **Rudi Garcia** quant à sa titularisation, un demi-mensonge pour tromper le sélectionneur néo-zélandais. Dans une performance plutôt discrète, il cède sa place à la 56e minute.
Lorsque le sélectionneur évalue le premier tour de l’équipe belge, il n’y va pas par quatre chemins : * »Ce que je peux vous dire, c’est qu’on a joué sans Jérémy les trois matches de groupe. Pourtant, il a débuté le premier et le troisième… Il volait durant la préparation, il volait avec Manchester City à la fin de la saison. Quand un joueur est à son meilleur niveau, il risque d’avoir des problèmes par derrière. C’est ce qui s’est passé. Quand il n’est pas à 100 % médicalement, il ne peut plus aider l’équipe. Il n’allait pas si bien que ça contre l’Egypte. S’il avait été bien, il aurait joué contre les Iraniens et aurait pris l’avion juste après. Mentalement, il est à 1.000 %. Ce qui l’a pénalisé, c’est de ne pas être totalement rétabli après l’infection respiratoire. Il commence à aller mieux. Même s’il a commencé deux matches, il était loin d’être à son niveau. »*
### Des statistiques peu rassurantes
Les statistiques de **Doku** sont, pour le moins, préoccupantes. En trois matches, pour un total de 198 minutes de jeu, il n’a tenté que trois fois sa chance au but, avec une seule tentative cadrée. Sur huit centres, seulement trois ont été réussis, et il n’a provoqué qu’une seule faute. En face du Sénégal, il a touché 24 ballons en 56 minutes, avec seulement un dribble réussi sur deux tentatives. Ces chiffres s’éloignent considérablement de son rendement habituel.
Sa place en tant que titulaire face aux États-Unis lors du huitième de finale est désormais incertaine, d’autres joueurs ayant démontré leur valeur.
**Leandro Trossard**, l’ailier d’Arsenal, émerge comme un des Diables intéressants. Il serait donc tentant pour **Rudi Garcia** de l’aligner sur son flanc de prédilection, à gauche. **Alexis Saelemaekers** est un autre profil apprécié par le sélectionneur, apportant à la fois un impact offensif et une contribution défensive. **Dodi Lukebakio** est surprenant et peut également créer des problèmes pour la défense adverse. Enfin, **Diego Moreira** a fait bonne impression lors de son entrée contre le Sénégal. Pour sa première dans un grand tournoi, le gaucher de 21 ans a offert une prestation dynamique et positive.
Après **Romelu Lukaku**, un autre élément clé de l’équipe nationale belge pourrait donc se voir assigner le rôle de joker de luxe durant cette Coupe du monde 2026. Commencer un huitième de finale d’un tournoi majeur sans ces deux joueurs semblait, il y a quelques semaines, improbable. Cette possibilité est désormais bien réelle.
