
Courgettes rappelées : un pesticide interdit depuis 40 ans encore présent.
Des courgettes récemment mises en vente par Aldi, Colruyt et Delhaize sont au cœur d’un rappel en raison d’une possible contamination par l’heptachlore, un pesticide interdit depuis plus de quarante ans en Belgique. Les consommateurs ayant acheté ces légumes sont invités à ne pas les consommer et à les retourner en magasin pour obtenir un remboursement.
Les courgettes concernées, vendues en vrac entre le 10 et le 24 août, ont été retirées des rayons après qu’un fournisseur a signalé la présence potentielle de cette substance. Ce rappel soulève des interrogations sur la manière dont un pesticide interdit peut encore se retrouver dans des produits cultivés aujourd’hui. La réponse réside dans l’historique de la parcelle où ces courgettes ont été cultivées.
Située en Flandre occidentale, la parcelle de 3,5 hectares a été contaminée par l’heptachlore en raison d’une utilisation passée de ce pesticide, alors encore autorisé. Aline Van den Broeck, porte-parole de l’Afsca, souligne que « l’historique de cette parcelle » est à l’origine de la présence de l’heptachlore, qui a pu rester dans le sol et être absorbé par les cultures. Les cucurbitacées, dont font partie les courgettes, sont particulièrement susceptibles d’absorber ce type de contaminants.
Les réactions des consommateurs face à ce rappel sont variées. Certains relativisent la situation en affirmant que les pesticides sont omniprésents dans notre alimentation. D’autres, comme une cliente interrogée, privilégient les circuits courts pour garantir la qualité de ce qu’ils consomment. Jean-Michel Saulx, un maraîcher, indique qu’il s’efforce de travailler avec des petits fournisseurs locaux pour minimiser les risques.
Cependant, même pour ceux qui choisissent des produits locaux, la contamination historique du sol reste un facteur à considérer. Dans le cas des courgettes rappelées, ce n’est pas une utilisation récente d’heptachlore qui est en cause, mais bien l’héritage d’une contamination ancienne.
Concernant la consommation des courgettes déjà achetées, il est important de noter qu’une ingestion occasionnelle ne devrait pas entraîner de problèmes de santé immédiats. Néanmoins, l’Afsca avertit que l’accumulation de tels contaminants peut poser des risques à long terme. C’est pourquoi le rappel a été mis en place, afin d’éviter toute consommation supplémentaire.
Les consommateurs doivent donc se conformer aux recommandations : ne pas consommer les courgettes concernées et les retourner au magasin pour un remboursement. Il est également essentiel de comprendre que laver ou peler ces légumes ne suffit pas à éliminer l’heptachlore, car le contaminant est absorbé à l’intérieur du légume.
Cet incident met en lumière la persistance des pesticides interdits dans l’environnement et rappelle aux consommateurs d’être vigilants quant à l’origine de leurs aliments. Pour ceux qui ont acheté les courgettes visées, la procédure est simple : ne pas les consommer et les rapporter pour obtenir un remboursement.
