Belgique

Coupe du Monde 2026 : problèmes sur environnement, prix, sécurité et santé des joueurs

Carole Gomez, chercheuse à l’Université de Lausanne, souligne que cette Coupe du monde est la première à passer de 32 à 48 équipes, entraînant une multitude de questions géopolitiques. D’après un rapport de Yale Climate Connections, la Coupe du monde 2026 devrait produire environ 9 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre.

De nombreux problèmes ont été mis en lumière avant le début de la Coupe du monde. Parmi eux, Carole Gomez, chercheuse à l’Université de Lausanne spécialisée en géopolitique du sport, en évoque cinq principaux.

Le premier et sans doute le plus important concerne les enjeux géopolitiques. « Cette Coupe du monde est également la première à accueillir 48 équipes, créant 48 contextes nationaux qui vont se croiser sur trois territoires : américain, canadien et mexicain. C’est un ensemble de questions, de polémiques et d’éventuels accords qui est extrêmement riche« , souligne-t-elle.

Il sera très important de suivre au jour le jour politiquement ce que dit cette Coupe du Monde.

En observant le jeu sur le terrain, il sera également crucial de prêter attention aux tribunes pour « voir comment les chefs d’État et de gouvernement vont se comporter et ce qui sera dit« , ajoute Carole Gomez. « Il sera très important de suivre au jour le jour politiquement ce que dit cette Coupe du monde, notamment en ce qui concerne la question iranienne, qui est un sujet d’actualité.« 

Le changement climatique insuffisamment pris en compte ?

Un autre problème à considérer est celui de la chaleur. « Il faut parler de la question environnementale« , affirme notre géopolitologue. Le mondial 2026 devrait être le plus polluant de l’histoire, avec environ 9 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre selon un rapport de Yale Climate Connections. « Est-ce que ce n’est que le début ? Car en 2030 et 2034, nous savons que ces compétitions vont également être particulièrement énergivores » (note : le mondial 2030 se déroulera en Espagne, au Portugal et au Maroc, tandis que celui de 2034 se tiendra en Arabie Saoudite).

Alors que ce mondial s’annonce très polluant, il sera également nécessaire de prendre en compte le réchauffement climatique et d’assurer la santé des joueurs. « Ce point n’a pas été suffisamment discuté, mais il est essentiel de le rappeler. Avec cette compétition ajoutée à une saison déjà très chargée et des températures particulièrement élevées, il conviendra d’y prêter attention.« 

Des billets inabordables

Un grand nombre de supporters assisteront au Mondial, mais la question des billets a également suscité beaucoup de controverses.

À la fin de l’année 2025, plusieurs groupes de supporters, dont Football Supporters Europe (FSE), avaient tiré la sonnette d’alarme et ont contacté la FIFA pour tenter d’intervenir sur le sujet. Cependant, aucun changement n’a été apporté. « Au point que la FSE a déposé plainte à Bruxelles contre la FIFA pour abus de position dominante« , explique Carole Gomez. « Six abus spécifiques ont été identifiés, notamment des plaintes concernant des prix exorbitants et des procédures d’achat opaques et déloyales. »

En résumé, la FIFA est accusée d’avoir utilisé sa position de monopole pour imposer aux supporters des conditions inacceptables dans un marché concurrentiel. Malgré des recours juridiques en Europe, cela n’a pas entraîné de changements significatifs de la part de la FIFA.

La FIFA mettait en avant la bonne relation avec Donald Trump pour anticiper un certain nombre de problèmes et trouver des arrangements.

Cependant, ces derniers jours, deux enquêtes ont été ouvertes aux États-Unis, dans les États de New York et du New Jersey. Les autorités examinent des irrégularités dans l’attribution des billets, après que certains supporters ont reçu des sièges différents de ceux qu’ils avaient initialement sélectionnés. « Avec cette procédure ouverte directement sur le territoire américain, cela va poser encore plus de problèmes à la FIFA. Pourtant, celle-ci se prévalait d’une bonne relation avec Donald Trump pour anticiper un certain nombre de problèmes et trouver des solutions. De plus, elle avait installé deux bureaux aux États-Unis, ce qui ne s’est pas produit« , ajoute la géopolitologue.

La sécurité des joueurs et des spectateurs sera-t-elle suffisante ?

Enfin, le dernier point souligné par la géopolitologue concerne la sécurité des joueurs et des supporters.

Il y a aussi énormément d’inquiétudes contre les politiques anti-immigration avec la question des billets et des visas.

Le conflit en Iran ainsi que l’interdiction pour de nombreuses nationalités d’entrer sur le territoire américain soulèvent plusieurs interrogations. « Il y a eu de nombreuses manifestations contre l’ICE. Et il existe des préoccupations importantes concernant les politiques anti-immigration, notamment en ce qui concerne les billets et les visas. »

Bien que la FIFA assure qu’il ne devrait pas y avoir de problème, les réponses fournies ne rassurent pas tout le monde. « La question est encore loin d’être résolue. Il y a aussi le problème des cautions demandées, qui ont été allégées mais restent très élevées pour certains pays. Ajoutez à cela les déplacements entre les trois pays et les prix des billets, cela représente un sacré montant« , conclut Carole Gomez.

Le président américain Donald Trump tire un carton aux côtés du président italien de la FIFA, Gianni Infantino, lors du tirage au sort de la Coupe du monde de football 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. © AFP