Belgique

Coupe du monde 2026 : phase de groupes réussie, finale incertaine ?

L’équipe de France a réalisé un parcours sans faute en phase de groupes en 1998, en battant l’Afrique du Sud 3-0, l’Arabie saoudite 4-0 et le Danemark 2-1. La Belgique a gagné ses trois premiers matchs de groupe en 2014 contre l’Algérie, la Russie et la Corée du Sud, et en 2018 contre le Panama, la Tunisie et l’Angleterre.


Est-il vraiment favorable de remporter tous ses matches au premier tour d’un Mondial pour soulever le trophée le 19 juillet prochain ? L’idée de se donner un moral de vainqueur dès la phase de groupes constitue-t-elle un véritable avantage, ou est-il préférable d’utiliser ce premier tour pour encaisser un faux pas, un ou deux matches nuls, voire une défaite, avant de « monter en puissance » dans la compétition ?

Cette question concerne de nombreuses équipes, telle que la Belgique, qui a enregistré deux nuls et une victoire dans ce Mondial, à l’opposé de la France, déjà démonstrative dans ce tournoi face au Sénégal, à l’Irak et à la Norvège. Un examen de l’histoire des différentes Coupes du Monde pourrait apporter quelques éléments de réponse.

### Un tableau final bien différent pour les Coupes du monde 1930, 1934 et 1938

Il faut néanmoins préciser qu’il convient d’écarter les trois premières éditions. Pourquoi ? Parce que les Coupes du Monde de 1934 et 1938 se jouaient en élimination directe. En 1934, par exemple, la Belgique perd son premier match et rentre déjà chez elle. L’Italie devait donc tout gagner cette année-là pour être sacrée championne du monde.

Il est également nécessaire d’ignorer la première édition, en 1930, car en raison de plusieurs forfaits, la poule de l’Uruguay, futur vainqueur, se composait de seulement trois équipes. Ensuite, seul le vainqueur de chaque poule accédait aux demi-finales, puis à la finale. L’Uruguay a effectivement gagné tous ses matchs… mais il n’y en avait que quatre, ce qui représente une nette différence par rapport à aujourd’hui, où le futur vainqueur doit disputer huit matches.

### Le Brésil de 1970 et 2002 et la France de 1998, seuls lauréats ayant gagné tous leurs matchs

Sur les 19 dernières éditions, il est constaté que le vainqueur a remporté tous ses matchs à seulement trois reprises, soit moins d’un lauréat sur six. Cela est logique, car lors du premier tour, il suffit de finir parmi les deux premiers, ou même cette année parmi les trois meilleurs premiers, pour continuer à avancer dans le tournoi.

Parmi les champions du monde ayant gagné tous leurs matchs, on retrouve la brillante équipe brésilienne de Pelé en 1970 au Mexique. Elle a battu la Tchécoslovaquie 4-1, l’Angleterre 1-0, et la Roumanie 3-2 pour sortir de son groupe, avant de remporter la Coupe du monde en finale contre l’Italie avec un score de 4-1. Le Brésil de 1970 affichait une moyenne de plus de 3 buts par match.

Le Brésil a réitéré cet exploit en 2002, remportant tous ses matchs : 2-1 contre la Turquie, 4-0 contre la Chine et 5-2 contre le Costa Rica en phase de poules. C’est d’autant plus impressionnant qu’on est passé d’une formule de seize équipes en 1970 à une formule de 32 équipes depuis le Mondial 1998. Il est donc nécessaire de jouer 7 matchs pour le vainqueur, au lieu de 6. Cette année, rappelons-le, le vainqueur devra disputer huit matchs.

Outre le Brésil à deux reprises, l’autre équipe ayant accompli cet exploit est l’équipe de France de Zidane, Deschamps et Thuram en 1998. Les Bleus ont battu l’Afrique du Sud 3-0, l’Arabie saoudite 4-0 et le Danemark 2-1 en phase de groupes. Malgré cela, en quarts de finale, ils ont nécessité les tirs au but pour éliminer l’Italie.

### De nombreux vainqueurs étaient pourtant mal partis dans leur Mondial

Les Diables rouges n’ont remporté tous leurs matchs de groupe qu’à deux reprises. Malgré le fait que la Belgique n’ait jusqu’ici jamais remporté le Mondial, elle a gagné ses trois premiers matchs avant de progresser au tour suivant seulement deux fois.

La première fois, en 2014, les Diables rouges ont battu l’Algérie, la Russie et la Corée du Sud lors de leur poule, suivis d’une victoire en huitième contre les États-Unis avant d’être éliminés par l’Argentine en quarts de finale.

Quatre ans plus tard, lors de leur célèbre génération dorée, ils ont de nouveau fait leurs preuves en phase de groupes avec 3-0 contre le Panama, 5-2 contre la Tunisie et 1-0 contre l’Angleterre. En 2018, les Belges ont gagné six matchs sur sept, prouvant que trois succès initiaux peuvent être encourageants, mais ne garantissent pas la victoire finale en Coupe du monde.

Ces statistiques pourraient inciter les Diables rouges à réfléchir quant à leur seizième de finale contre le Sénégal après un début poussif aux États-Unis. Ou bien, cela pourrait signifier que l’exploit pourrait être encore plus grand pour la France et l’Argentine, qui occupent actuellement leur place de favorites.