Belgique

« Christie Morreale dénonce un gouvernement wallon autocratique : rien n’est jamais facile »

L’ancienne ministre wallonne de l’Emploi, Christie Morreale, exprime son inquiétude face à la dégradation de la situation économique et de l’emploi en Wallonie. Après la publication des derniers chiffres de l’emploi et du chômage par Statbel, l’office belge de statistique, elle déclare : « La machine est à tout le moins grippée, voire on plonge, et donc il faut changer de logiciel ».

Dans un contexte où le gouvernement wallon, dirigé par le MR-Engagés, avait promis un taux d’emploi en hausse, Morreale souligne que son propre bilan en tant que ministre était bien plus positif. Elle rappelle que, malgré les défis posés par la pandémie et les inondations, son équipe avait réussi à augmenter le taux d’emploi de 4,4 % tout en réalisant des économies structurelles de près de 500 millions d’euros. « Ces efforts ont été indolores parce qu’ils ont été calibrés », ajoute-t-elle.

Pour Morreale, la priorité doit être de trouver des économies qui ne nuisent pas à la population. Elle critique les choix fiscaux du gouvernement actuel, notamment la réforme des droits d’enregistrement et des droits de succession, en affirmant que ces mesures sont inopportunes dans un contexte de difficultés financières pour de nombreux citoyens. Elle déplore également que la Wallonie ait été endettée de plus de 800 millions d’euros sous l’administration actuelle. Le gouvernement MR-Engagés vise un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2029, mais l’opposition, dont fait partie Morreale, estime que cet objectif est trop ambitieux et plaide pour un retour à l’équilibre en 2031.

Morreale évoque également le gaspillage d’argent public, tout en reconnaissant que la situation économique est complexe. « Quand on fait un assainissement, rien n’est jamais facile », explique-t-elle, mais elle insiste sur la nécessité de ne pas pénaliser les citoyens et de préserver la machine économique. Elle ne rejette pas l’idée d’investissements, notamment pour lutter contre la crise climatique, mais insiste sur le fait qu’ils doivent être « vertueux ». Elle prévient que si des mesures ne sont pas prises d’ici 2030, cela pourrait coûter plus de deux milliards à la région.

Concernant la gestion de la crise, elle rappelle que les efforts déployés pour faire face à la pandémie et aux inondations ont nécessité des investissements, qui ont permis à la Wallonie de mieux résister. Elle appelle à une approche constructive et à une trêve politique pour garantir des mesures durables en matière de climat. « Je plaide pour qu’on sacralise les mesures liées au climat et qu’on ait un engagement sur les 20 prochaines années », déclare-t-elle, tout en critiquant le gouvernement pour son manque de maturité et de responsabilité.

Morreale qualifie le gouvernement wallon d' »immature » et « irresponsable », ajoutant même le terme « autocrate » pour décrire son fonctionnement. Elle dénonce le manque de transparence dans la gestion des affaires publiques, notamment en ce qui concerne la communication des documents et des informations requises par la Cour des comptes.

En ce qui concerne l’avenir du Parti socialiste, Morreale soulève des questions sur ce que signifie être socialiste au XXIe siècle et sur les alternatives qu’il propose. Elle affirme que le PS doit être perçu comme une alternative plus vertueuse, équitable et solidaire. Cependant, lorsqu’on lui demande si elle soutiendrait Paul Magnette pour la présidence du parti, elle répond que le projet doit primer sur les personnes et qu’il n’est pas encore temps d’en discuter.