Belgique

Canicules : le ministre Coppieters veut réorganiser les soins en Wallonie

La Wallonie a activé son plan fortes chaleurs et pic d’ozone face au nouvel épisode caniculaire, et le ministre wallon de la Santé Yves Coppieters a reconnu un « manque d’anticipation » en raison de l’importante surmortalité enregistrée. Le budget de la réforme de la première ligne de soins doit encore être discuté dans le cadre du conclave budgétaire qui arrive en septembre/octobre prochain.


Face à la nouvelle vague de chaleur qui touche la Belgique, la Wallonie a déclenché son plan de gestion des fortes chaleurs et des pics d’ozone. Selon Yves Coppieters, ministre wallon de la Santé, ce plan « a très bien fonctionné dans les collectivités ». Cependant, il admet qu’il y a eu un « manque d’anticipation » digne d’être noté, surtout en raison de l’importante surmortalité observée dans la région. Le ministre souligne : « Nous en prenons une part de responsabilité, mais il faut aussi prendre en compte les caractéristiques de la population – vieillissement, paupérisation… – qui ne sont pas les mêmes qu’en Flandre. »

Coppieters explique qu’il y a donc un double défi à relever : améliorer la gestion de la crise à court terme, « pour laquelle il faut faire mieux pour anticiper les choses et protéger les personnes vulnérables », tout en planifiant pour l’avenir. Il pose la question suivante : « Quelle société voulons-nous pour demain face à cette transition climatique ? Une société avec des climatiseurs partout ? C’est impossible. Ou alors, une société résiliente en termes de constructions, de végétalisation et de zones de fraîcheur ? Ces questions doivent être débattues à tous les niveaux de pouvoir. »

Concernant la crise environnementale, le ministre signale que la santé publique et l’environnement sont liés. Récemment, le gouvernement wallon a décidé de réduire les subsides de Canopea, la fédération des associations environnementales, qui fait un travail crucial pour la défense de l’environnement en Wallonie et en Belgique. Actuellement, les 32 employés de cette organisation sont en chômage technique.

Interrogé sur cette décision, Coppieters précise que ces subventions ne proviennent pas de son ministère. Il est fermement convaincu qu’il faut continuer à soutenir les associations environnementales qui effectuent un travail considérable en matière d’éducation et de conseils. Toutefois, il fait savoir que la diminution des subsides concerne des aides « facultatives » et non des subventions structurelles, précisant : « Ce sont des choix à faire dans un cadre budgétaire où des économies sont obligatoires. »

Le ministre évoque également la nécessité de réviser les infrastructures et d’organiser le système de santé. « Il faut que nous travaillions rapidement sur les hôpitaux et sur l’offre de soins spécialisée, mais aussi sur le premier niveau de soins. Les acteurs sur le terrain doivent mieux collaborer pour anticiper les besoins spécifiques des personnes. Ces acteurs essentiels ne doivent plus travailler en silo », affirme-t-il.

Coppieters renforce son propos en affirmant que cette réforme ne consiste pas à ajouter une couche supplémentaire au système, mais à établir des organes de coordination entre les services de santé. « Lors de la canicule, ce qu’il nous a manqué était la coordination entre les acteurs et la continuité entre la médecine générale, les services d’urgence et les hôpitaux. Nous voulons aussi que les acteurs locaux, qu’ils soient de la santé ou sociaux, collaborent davantage », indique-t-il.

Pour lui, un manque de culture de la prévention et de l’anticipation existe en Wallonie. « Cela se manifeste par le vieillissement de la population, la gestion des maladies chroniques, la santé mentale et l’isolement social. C’est pourquoi le but de cette réforme du premier niveau est de se concentrer sur les facteurs déterminants de la santé : le logement, la précarité sociale, l’isolement… », ajoute-t-il. Le budget afférent à cette réforme sera discuté lors du conclave budgétaire prévu pour septembre/octobre.

Par ailleurs, concernant les allocations familiales, Yves Coppieters souligne qu’un effort budgétaire doit encore être consenti par le gouvernement wallon pour atteindre ses objectifs. Le Mouvement Réformateur (MR), en tant que partenaire des Engagés au gouvernement, a proposé de revoir le modèle d’attribution des allocations familiales. Le ministre des Engagés se montre méfiant face à cette proposition, affirmant que la Wallonie dispose d’un système d’allocations familiales très performant, dont la gestion a été améliorée. Il précise : « On ne touche pas a priori aux allocations familiales. C’est un dû pour les familles que nous voulons préserver. Lorsque le MR fait cette proposition, on peut bien sûr faire des hypothèses budgétaires, mais faut-il vraiment y toucher ? Cela dépasserait selon moi une ligne rouge car cela n’était pas prévu dans la Déclaration de politique régionale. »