Belgique

Camps de jeunesse : un défi pour dénicher un emplacement

Les animateurs du Patro d’Eghezée préparent les décors pour un camp de « Far West » qui démarre dans une dizaine de jours à Viroinval, avec un budget de 4000 euros pour dix jours, hors charges. Selon la Fédération des Scouts, le coût du logement dans les prairies est passé en moyenne de 40 euros par personne en 2020 à 70 euros par personne en 2026.


Pinceau en main, les animateurs du Patro d’Eghezée s’affairent à préparer les décors pour leur camp qui débute dans une dizaine de jours. L’ambiance sera celle du « Far West » dans leur bâtiment à Viroinval. Une soixantaine de personnes seront accueillies, ce qui représente un budget conséquent : « Nous dépensons environ 4000 euros pour dix jours, hors charges. Cela représente plus de la moitié de notre budget », souligne Augustin Dubois, président du Patro d’Eghezée. « Nous avons remarqué une forte hausse des prix ces dernières années. L’an dernier, nous avons dû demander 10€ supplémentaires aux parents pour le camp de leur enfant », déplore Augustin.

La Fédération des Scouts observe que la flambée des prix se fait particulièrement sentir pour le logement dans les prairies. Pour évaluer la situation, elle a additionné le loyer et le prix du bois nécessaire à la construction des structures en pilotis où les tentes sont montées. « En moyenne, nous sommes passés de 40 euros par personne et par camp en 2020 à 70 euros par personne en 2026 », constate le porte-parole de la Fédération des Scouts. Gilles Beckers avance plusieurs raisons : « L’augmentation du prix du bois est notamment due à la guerre en Ukraine. De plus, les pratiques de location des propriétaires ont évolué depuis la réforme des rythmes scolaires. Par exemple, certaines locations se font désormais pour un mois plutôt que pour quinze jours, ce qui oblige les locataires à payer le double. »

Atouts Camps facilite la mise en relation entre propriétaires et groupes recherchant des lieux de camp. L’une des missions de l’ASBL est d’assurer l’accessibilité financière de ces espaces. Dans sa base de données, environ un tiers des mille lieux enregistrés est labellisé, ce qui implique un plafonnement des prix. « Pour une prairie, un propriétaire peut gagner 2 euros maximum par nuit et par personne, et pour un bâtiment, la limite est de 4,60 euros », précise Amélie Collard, secrétaire générale d’Atouts Camps. Selon les données de l’ASBL, les lieux labellisés proposent des prix inférieurs à ces plafonds. « Nous constatons également que les endroits de camp référencés chez nous et qui ne sont pas labellisés respectent en grande partie cette fourchette de prix », tempère Amélie Collard.

Trouver un lieu de camp s’avère être un véritable casse-tête pour les mouvements de jeunesse. « Cela fait six mois que nous cherchons un endroit pour 2028 », témoigne Augustin Dubois du Patro d’Eghezée.

Le manque de lieux de camp fait grimper les prix de location, et cette pénurie s’est accrue avec le changement des rythmes scolaires.

Atouts Camps souhaite donc développer et diversifier l’offre sur l’ensemble du territoire wallon. « Nous cherchons activement des endroits de camp spécifiquement dans le Brabant Wallon et le Hainaut afin de rééquilibrer l’offre, car dans les trois autres provinces wallonnes, à savoir Liège, Namur et Luxembourg, certaines communes sont saturées l’été, entraînant potentiellement des politiques restrictives », explique Amélie Collard.

Clubs sportifs, communes, écoles… De nombreux acteurs peuvent accueillir des mouvements de jeunesse durant l’été, et Atouts Camps peut les accompagner dans cette démarche.