
Belgique : 10 milliards à trouver, taux obligataires en hausse pour De Wever
Les États font face à des coûts d’emprunt sans précédent, une situation qui complique sérieusement les efforts du gouvernement belge. Bart De Wever, le Premier ministre, doit dégager 10 milliards d’euros d’ici 2029 pour redresser les finances publiques, une tâche déjà délicate qui devient encore plus ardue avec l’augmentation des taux obligataires.
Les taux souverains, qui déterminent le coût de l’emprunt pour un État sur les marchés financiers, sont influencés par la perception du risque et la confiance des investisseurs. Un pays endetté ou politiquement instable doit offrir des rendements plus élevés pour attirer les prêteurs. Ces taux varient selon la durée des emprunts, avec des références clés comme le Treasury Bond américain à 10 ans et le Bund allemand.
La flambée actuelle des taux d’intérêt, en particulier des taux longs, est alimentée par plusieurs facteurs. Aux États-Unis, la dette a dépassé les 40 000 milliards de dollars, soit environ 125 % du PIB, entraînant une hausse des taux à 30 ans qui a atteint 5,3 %, un niveau inédit depuis 2007. D’autres pays, comme la France, l’Allemagne et le Japon, connaissent également une remontée des taux, retrouvant des niveaux inégalés depuis la crise financière de 2008-2011. En Belgique, le taux à 10 ans a franchi la barre des 3,8 %, un record depuis 2011.
Cette augmentation des taux s’explique par la nécessité pour les États de proposer des rendements plus attractifs pour financer des dépenses croissantes, notamment dans le secteur de la défense. Les marchés anticipent également une détérioration des finances publiques, comme en France, où aucune amélioration budgétaire n’est attendue avant les élections présidentielles de 2027. La Belgique, avec le déficit le plus élevé de la zone euro, est particulièrement vulnérable.
Les craintes d’une inflation persistante, exacerbées par la hausse des prix du pétrole, ainsi que la concurrence accrue sur le marché de la dette, jouent également un rôle. Les grandes entreprises technologiques, en quête de financement pour leurs projets d’intelligence artificielle, empruntent massivement, augmentant la pression sur les taux. De plus, des investisseurs étrangers, comme le Japon, ont réduit leurs investissements dans la dette américaine, contribuant à la hausse des taux.
Les conséquences de cette hausse des taux obligataires se font sentir à tous les niveaux de l’économie. Pour les États, le coût de financement augmente à mesure qu’ils refinancent leur dette, ce qui réduit les ressources disponibles pour des services essentiels tels que l’éducation et la santé. Les entreprises, quant à elles, voient le coût du crédit grimper, ce qui peut les inciter à retarder ou annuler des projets d’investissement. Les particuliers, en revanche, doivent faire face à des crédits immobiliers et à la consommation plus coûteux, impactant ainsi la consommation et le marché immobilier.
La situation présente un risque de cercle vicieux : les États empruntent davantage, ce qui entraîne des taux plus élevés, augmentant ainsi la charge de la dette. Cela limite leur capacité à investir, ce qui peut freiner la croissance et rendre la stabilisation de la dette encore plus difficile.
Pour la Belgique, le défi est colossal. Avec un déficit parmi les plus élevés de la zone euro, le gouvernement de Bart De Wever doit trouver 10 milliards d’euros d’ici 2029, une tâche compliquée par la hausse des taux. Chaque augmentation d’un point de pourcentage sur les taux alourdit la charge de la dette, rendant les négociations politiques qui s’annoncent particulièrement délicates.
Les déclarations de Kevin Warsh lors de la réunion de Jackson Hole pourraient offrir des perspectives sur la politique monétaire américaine et son impact sur les marchés. En attendant, la fin de l’été 2026 s’annonce préoccupante pour de nombreux gouvernements, y compris celui de la Belgique.
