Belgique

« Bart De Wever justifie le rachat des centrales nucléaires belges à Engie »

Le Premier ministre justifie l’envisagement d’une reprise des activités nucléaires d’Engie en Belgique en soulignant que « fermer nos centrales après 40 ou 50 ans, c’est de la folie ». Il précise également que l’accord conclu entre l’État belge et Engie prévoit un examen complet des enjeux techniques et financiers avant de s’engager pour de bon.


Le Premier ministre justifie l’éventualité de la reprise des activités nucléaires d’Engie en Belgique. « J’ai toujours eu l’ambition de garder ouvertes les centrales nucléaires », déclare-t-il, rappelant qu’aux Pays-Bas, une centrale similaire à celles de Belgique peut avoir « jusqu’à 80 ans de durée de vie ». Cette centrale, située à Borssele, est d’ailleurs proche de la frontière belge. « Elle est plus vieille que les nôtres », souligne Bart De Wever, ajoutant que « aux États-Unis, on prolonge les centrales de ce type jusqu’à 100 ans ».

« Fermer nos centrales après 40 ou 50 ans, c’est de la folie », déclare-t-il. Pour le Premier ministre, « fermer nos centrales après 40 ou 50 ans, c’est de la folie. C’est une grosse erreur. On n’aurait jamais dû le décider. C’est une décision du gouvernement Verhofstadt ». Bart De Wever se dit « extrêmement fier et content qu’on puisse renverser cette folie ».

Si l’accord se concrétise, va-t-on nationaliser ces centrales ? « Ce qu’on a décidé, c’est d’arrêter le démantèlement, ce qui est très important, et d’organiser un due diligence juridique, technique, financier, pour voir s’il est encore possible de reprendre les centrales nucléaires », explique Bart De Wever. L’accord entre l’État belge et Engie stipule que la Belgique devra examiner les enjeux techniques et financiers avant de s’engager définitivement.

Actuellement, une entreprise française gère les centrales nucléaires belges. « Demain, ça pourrait être une entreprise de l’État belge », avance-t-il, « comme c’était le cas avant qu’on vende le secteur nucléaire et le secteur énergétique », avant la reprise de ce secteur par Suez, devenu Engie. « J’ai toujours considéré comme une grosse erreur de le vendre à un autre pays. C’est une question d’autonomie stratégique », précise Bart De Wever, ajoutant que cela devient aussi une question de sécurité nationale pour garantir l’approvisionnement en énergie.

Quel sera le coût de cette opération si elle se concrétise ? « On va le savoir après le due diligence », répond Bart De Wever, évoquant l’examen approfondi prévu dans l’accord avec Engie. Le Premier ministre aborde cette question « avec un esprit optimiste ». « Après le due diligence, on va avoir une certitude non seulement juridique et technique, mais aussi financière des conditions d’une éventuelle reprise. On est optimiste. On fait l’exercice avec le but de reprendre les centrales nucléaires », précise-t-il.

Faudra-t-il prévoir des frais pour remettre à niveau les réacteurs les plus anciens ? « Oui, on doit faire des investissements, c’est sûr, mais il y aura aussi un retour sur ces investissements », répond le Premier ministre. « Si on peut prolonger les centrales pour encore une longue période, on est sûr d’une production d’électricité. Et donc il y a un ‘return on investment' », dit-il. « Et si on regarde le marché des combustibles fossiles, c’est de la folie. Le prix du gaz, le prix du pétrole, on n’en est jamais sûr. On paie de l’argent à des pouvoirs étrangers, ce ne sont pas des pouvoirs très gentils non plus. Donc avoir de la production dans notre propre pays, oui ça coûte de l’argent, on doit investir, mais il y a aussi un retour sur investissement qui est important », ajoute Bart De Wever, qui en fait également un enjeu de sécurité nationale et d’autonomie stratégique.

Depuis plusieurs mois, Bart De Wever répète qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses. Cela a été clairement visible lors des discussions sur les mesures à envisager pour aider les ménages face aux factures énergétiques. Dégager des budgets au niveau fédéral a été compliqué. Reprendre le parc de centrales nucléaires ne sera pas gratuit. D’où viendra l’argent ? « De l’argent pour investir avec un ‘return on investment’, ce n’est pas de l’argent perdu, bien au contraire, c’est une décision intelligente », répond Bart De Wever.

De plus, il ajoute que « Mme von der Leyen a clairement dit qu’elle considère, comme présidente de la Commission européenne, que la sortie nucléaire dans certains pays a été une grosse erreur, une erreur historique même ». Ainsi, il conclut que « si même à ce niveau-là, on se rend compte qu’on est en train de suivre un faux chemin, il faut faire un demi-tour ». Bart De Wever rappelle que l’Allemagne, pays d’origine d’Ursula von der Leyen, a décidé de renoncer au nucléaire. « Oui, on devrait investir, mais je m’attends aussi à un retour important. Donc, ça peut être, sur le plan financier, une décision intelligente », explique-t-il, soulignant encore une fois l’intérêt pour la sécurité d’approvisionnement du pays.

Que pourrait exactement racheter l’État belge ? Dans certaines centrales nucléaires, le démantèlement a déjà commencé ou est programmé. L’État ne va-t-il pas se retrouver avec des coquilles vides ? « Ça reste à voir. C’est pour ça qu’on ne va pas acheter un chat dans un sac », précise Bart De Wever, qui compte sur le due diligence pour obtenir toutes les informations sur l’état technique des centrales, le volet juridique et les enjeux financiers.