
Bancs solaires : leur disparition progressive en Belgique est-elle inévitable ?
En Belgique, seul un Belge sur dix aurait utilisé un banc solaire au cours de l’année écoulée. Selon la Fondation contre le cancer, les cancers de la peau représentent aujourd’hui 40 % de l’ensemble des cancers.
Promesse d’un teint doré, lumière bleutée, appareil clos comme un petit soleil domestique… le banc solaire a longtemps été perçu comme un raccourci vers les vacances. Quelques minutes sous les UV et l’on pensait préparer sa peau, prolonger l’été ou simplement améliorer son apparence. Toutefois, cette époque semble doucement s’éteindre.
En Belgique, les centres de bancs solaires sont actuellement régis par des règles strictes. Jean-Marie, qui gère son établissement depuis 47 ans, indique être contrôlé presque chaque année. Les appareils sont vérifiés, les séances sont encadrées et les types de peau sont pris en compte. Pour respecter ces normes, il a investi environ 10.000 euros dans des logiciels permettant de suivre les passages de ses clients.
Pourtant, le secteur n’affiche plus l’éclat d’antan. Dans son centre, la fréquentation diminue. Les clients sont moins nombreux, au point qu’il a été nécessaire de diversifier l’activité.
Seul un Belge sur dix aurait utilisé un banc solaire au cours de l’année écoulée.
Ce désamour s’explique également par l’évolution de la perception du bronzage artificiel. Une ancienne utilisatrice confie y avoir recours par coquetterie, mais aussi dans l’idée de préparer sa peau avant un voyage. Aujourd’hui, elle préfère s’en passer et privilégie une bonne protection solaire.
Car derrière l’image d’un bronzage maîtrisé, se cache une réalité plus préoccupante. Les bancs solaires exposent la peau à des rayons UV, parfois 6 à 15 fois plus élevés que ceux du soleil méditerranéen à midi, en fonction des modèles. Ces UV sont de même nature que ceux liés à une grande partie des cancers de la peau.
Dans son laboratoire, le professeur Pierre Coulie étudie les cellules cancérigènes. Pour la Fondation contre le cancer, la position est claire : il est nécessaire d’envisager une disparition progressive des bancs solaires en Belgique. L’objectif serait d’abord de restreindre les nouvelles installations, voire de les interdire, avant d’arriver à une situation où ces machines ne seraient plus utilisées.
L’argument avancé est simple. Selon la Fondation, il n’y a aucune raison de soumettre la population à ce type d’agent cancérigène. Les cancers de la peau représentent actuellement 40% de l’ensemble des cancers.
Avec des normes renforcées, des clients plus prudents et la pression du monde médical, le banc solaire n’a pas encore disparu. Cependant, son avenir semble de plus en plus incertain.
