Belgique

Au moins 38 drones se sont écrasés en Europe depuis 2022.

Un drone Geran-2 de fabrication russe a percuté un immeuble résidentiel de Galati le 29 mai 2026, provoquant deux blessés, cinq véhicules endommagés et une septantaine d’habitants évacués. Entre mars 2022 et mai 2026, 38 crashs de drones ont été identifiés sur le sol de pays non-belligérants, dont 22 provenaient de Russie.


Il est environ 2 heures du matin, le 29 mai 2026, lorsque un drone Geran-2, fabriqué en Russie, s’écrase contre un immeuble résidentiel à Galati. La ville roumaine se réveille avec seulement deux blessés, cinq voitures endommagées et une soixantaine d’habitants évacués dans la nuit.

L’enquête technique menée par les autorités roumaines est claire : le drone est russe. Il faisait partie d’un groupe de 43 appareils lancés cette nuit-là sur l’Ukraine, selon le président Nicusor Dan. L’un de ces drones, probablement touché par la défense aérienne ukrainienne près de Reni, a changé de trajectoire et a terminé sa course en territoire roumain.

Une vidéo enregistrée après l’impact montre l’état du toit de l’immeuble touché à Galati, où des équipes en combinaisons blanches s’affairent autour du point d’impact.

La réaction immédiate de Bucarest a été de déclarer le consul général russe à Constanta, ville roumaine située au bord de la mer Noire, persona non grata. Le consulat a été fermé, marquant une fermeté sans précédent face à un événement qui prend de l’ampleur.

En quatre ans, 38 crashs de drones ont été recensés sur le territoire de pays neutres, avec 9 incidents cause de dommages. En recoupant diverses sources, on a pu établir que, parmi ces crashs, 22 drones provenaient de Russie, 7 d’Ukraine, 3 de Biélorussie, et 6 n’ont pu être attribués. La Roumanie est de loin le pays le plus touché, suivie de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie, des nations qui partagent une frontière avec le théâtre des opérations.

L’automne 2025 a vu le lancement par la Belgique de son « Initiative européenne sur les drones », anciennement nommé « mur de drones », destinée à être pleinement opérationnelle d’ici 2027. Dans le même temps, l’OTAN a inauguré l’opération Eastern Sentry pour renforcer la surveillance de son flanc oriental. Cependant, sur le terrain, la défense antiaérienne doit encore être largement développée, même en Belgique. Alain De Neve a déclaré : « Jusqu’alors, les seules capacités de défense antiaérienne dont nous étions dotés, c’étaient les F-16 ». Il a ajouté que la Belgique comble son retard avec l’acquisition de systèmes NASAMS, des batteries de missiles sol-air à moyenne portée capables d’intercepter drones et missiles de croisière à basse et moyenne altitude, visant à établir une première couche de protection.

Le chercheur a souligné l’importance d’une défense antiaérienne multicouche : « Les interceptions, c’est par couche. On place des passoires les unes au-dessus des autres pour limiter au maximum les trous de la raquette. » Selon lui, sans une coordination étroite entre pays voisins comme les Pays-Bas, la France et l’Allemagne, ce dispositif risque de ne pas fonctionner. Il a souligné : « On ne peut savoir si ça marche réellement qu’à partir du moment où on est soumis à une menace dans des conditions réelles de combat. Et là, on prie pour ne jamais avoir à le tester. »

La question qui se pose désormais n’est plus si d’autres drones s’écraseront en Europe, mais plutôt où et quand. À ce rythme, la barre des cinquante crashs pourrait être atteinte avant la fin de l’année 2026. Alain De Neve a évoqué un scénario inquiétant pour les analystes : les drones venant de bâtiments de la flotte fantôme russe pourraient frapper des installations critiques, comme Zeebruges ou Anvers. C’est une menace que la Belgique cherche à contrer en s’équipant du NASAMS.

Enfin, les habitants de l’immeuble touché à Galati le 29 mai dernier ont appris à leurs dépens que la guerre peut désormais s’inviter à n’importe quelle fenêtre.