Astrid, princesse de Belgique : ‘Je ne parle jamais faux’
La princesse Astrid, née deuxième enfant du roi Albert II et de la reine Paola, a épousé l’archiduc Lorenz de Habsbourg en 1984 et s’est installée à Bâle, en Suisse. Entre 1991 et 1993, elle entre dans l’ordre de succession et devient première femme colonel du service médical de l’armée belge.
Dans l’ombre
Deuxième enfant du roi Albert II et de la reine Paola, la princesse Astrid grandit avec ses deux frères, Philippe, l’héritier prévu, et Laurent, le cadet.
En tant que femme, elle ne fait pas partie de l’ordre de succession, qui se transmet « mâle en mâle, à l’exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance », conformément à la loi salique, finalement abolie en 1991.
Son enfance est marquée par les tensions conjugales de ses parents, dont les difficultés sont bien connues. Elle n’en parle pas souvent. Dans le documentaire, elle choisit ses mots avec précision.
Il y a eu de la souffrance, de voir mes parents qui ne s’entendaient pas. Ça reste encore un handicap pour moi maintenant.
Malgré cela, ces difficultés forgent un caractère volontaire et résolument optimiste.
Relever la tête, toujours. Animée par une mission instinctive : soigner, servir, s’occuper des autres. Petite, elle jouait à soigner son frère Laurent avec sa trousse médicale. En 1982, après ses études, elle aspire à devenir infirmière.
La famille d’abord
En 1984, elle se marie avec l’archiduc Lorenz de Habsbourg et s’installe à Bâle, en Suisse.
Pendant plus de dix ans, Astrid ne remplit aucune fonction officielle en Belgique. Elle consacre son temps à l’éducation de ses cinq enfants, loin des préoccupations royales belges.
Sa famille est son ancrage le plus fort. Au-delà des mots, l’affection qu’ils se témoignent est palpable :
Elle est très intuitive, elle s’approche de vous quand elle sent que quelque chose ne va pas. C’est quelque chose de merveilleux pour nous parce que ma mère est très maternelle et nous donne beaucoup d’amour et d’affection.
évoque avec émotion son fils aîné, Amedeo.
C’est dans ce foyer qu’Astrid puise les ressources qui lui permettront de réussir ses missions économiques. Un moteur profond, né peut-être du manque qu’elle a ressenti douloureusement durant son enfance.
Révélation
Entre 1991 et 1993, la vie de la princesse prend un nouveau tournant.
Son oncle, le roi Baudouin, meurt prématurément. Son père, Albert II, devient roi. Astrid entre alors dans l’ordre de succession et devient la première femme colonel du service médical de l’armée belge. De l’ombre, Astrid passe à la lumière grâce à sa nouvelle fonction publique et se révèle avec un caractère franc, jovial et spontané.
Elle s’investit d’abord dans le secteur humanitaire, puis dans la diplomatie économique. À l’avènement de Philippe en tant que nouveau monarque en 2013, elle devient responsable des missions économiques belges à l’étranger. À 51 ans, la princesse entre dans un univers dont elle ne connaît pas encore les codes.
J’ai dû me faire accepter en tant que femme, n’étant pas d’origine de ce milieu ; j’étais plutôt dans le monde humanitaire ou celui de la vie de famille.
Ne se laissant pas intimider, Astrid apprend de ses erreurs et prépare chaque mission minutieusement. Chaque accord devient une victoire personnelle pour la princesse qui déclare avec fierté :
Quelle joie immense. C’est tout bénéfice pour l’emploi, c’est tout bénéfice pour le bien-être économique de notre pays.
Trente ans plus tard, la princesse discrète au cœur généreux a parcouru un long chemin. À 64 ans, elle fait ses adieux et passe le flambeau à la reine Mathilde, avec la satisfaction du devoir accompli.
Au-delà des chiffres, ce qui reste, c’est un caractère touchant pour les cœurs les plus endurcis : Astrid, princesse de Belgique, c’est une femme qui négocie des milliards en Inde et qui danse en baskets lors d’une réception ; une jeune fille qui, malgré les blessures de son enfance, évoque son adolescence avec son père lors de ses 18 ans, les yeux pétillants ; une mère qui, entre deux engagements, emprunte le tram parce qu’elle aime « voir les gens. »
À la question du réalisateur : « Auriez-vous pu imaginer accomplir tout cela à 20 ans ? », la princesse répond humblement :
Non, jamais. Et vraiment, la vie est une grande aventure. Avec parfois beaucoup de difficultés, mais on se relève, et il y a aussi de très belles choses, plein de découvertes.
Astrid, princesse de Belgique, un documentaire exclusif à découvrir ce vendredi 5 juin à 20h20 dans l’émission Gotha sur RTBF La Une et en streaming sur RTBF Auvio.
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