
André Remy, touche-à-tout malicieux, est décédé : « Feu vert », rires et ballon rond.
André Remy, figure emblématique de l’humour belge, a marqué les esprits par son esprit espiègle et sa passion pour la scène. Né à Gilly, dans la région de Charleroi, il a connu une enfance heureuse, mais a été frappé par un drame à l’âge de neuf ans avec la perte de sa mère. Ce tragique événement l’a conduit à trouver refuge dans le football, un sport qui lui a permis de canaliser sa douleur.
Dès son adolescence au Collège Notre-Dame de Bellevue à Dinant, il s’illustre par son sens de la farce, provoquant ses professeurs avec des blagues audacieuses. « J’ai toujours provoqué mes maîtres pour voir s’ils étaient crédibles », se souvient-il. Malgré ses frasques, il reconnaît l’importance de la rigueur académique qui lui a été inculquée.
C’est au sein de cette même institution qu’il découvre le théâtre, une passion qui le suivra toute sa vie. « C’est là que j’ai senti que ça me faisait du bien, que je pouvais m’épanouir là-dedans », confie-t-il. Après avoir terminé ses études secondaires, il poursuit des études en romanes à Louvain, où il se lie d’amitié avec des artistes tels que Jacques Brel, avec qui il se produit en première partie.
En 1966, il commence une carrière d’animateur à la RTB, où il présente l’émission « Feu vert », qui devient rapidement un incontournable pour les adolescents belges. Ce programme, mêlant humour et musique, attire un large public, y compris des personnalités royales. « Feu vert » est également le tremplin pour de nombreux artistes, comme Julien Clerc et Maurane.
Au fil des années, Remy se diversifie dans le domaine du sport, commentant des matchs de football pour la RTBF et plus tard pour Canal +, où il réalise une première en diffusant un match de D1 belge en direct. Sa carrière prend un tournant lorsqu’il coécrit et joue dans « Sois belge et tais-toi » avec son fils Baudouin, une revue humoristique qui rencontre un franc succès.
L’humour d’André Remy se caractérise par sa légèreté et son intelligence. Il se moque des travers de la société sans jamais être méchant, affirmant que « ce qui est drôle n’est jamais vulgaire ». Son approche de l’humour est un moyen de dédramatiser les situations, une nécessité qu’il ressent profondément, surtout après la perte de sa mère.
Tout au long de sa carrière, Remy a su rassembler les gens autour de son humour, créant des ponts entre les communautés. Il a toujours été un fervent défenseur de l’autodérision, considérant que c’est la meilleure façon de s’accepter. « L’autodérision, c’est la seule manière de s’accepter tel que nous sommes », disait-il.
André Remy, avec son esprit vif et sa curiosité insatiable, a laissé une empreinte indélébile dans le paysage culturel belge. Son décès marque la fin d’une époque, mais son héritage continuera de vivre à travers ses œuvres et les rires qu’il a suscités.
