Belgique

Activités extrascolaires et frais de rentrée : un casse-tête logistique pour les parents

Depuis plusieurs années, la gestion des activités extrascolaires est devenue un enjeu majeur pour les familles. Simon, père de trois enfants, témoigne de cette réalité : « Depuis que mes filles ont 5-6 ans, c’est devenu vraiment un point important dans la gestion de la famille car il y a une forte demande de leur part de pouvoir participer à toutes sortes d’activités différentes. » La planification de ces activités commence dès le mois de juin, où les parents doivent s’organiser pour permettre à leurs enfants de découvrir de nouvelles passions. « Il faut consulter les offres, en discuter avec les enfants et évaluer les possibilités logistiques et budgétaires. C’est à ce moment-là qu’il faut sortir l’argent pour confirmer l’inscription », ajoute-t-il.

Pour les familles nombreuses, cette anticipation peut rapidement se transformer en casse-tête. Simon souligne : « Avec un enfant, ce n’est déjà pas évident. Quand on en ajoute un 2e ou un 3e, ça devient un véritable casse-tête. » La gestion des finances est tout aussi cruciale. « Nous nous sommes fixé un plafond de deux activités par semaine et par enfant. Ma troisième fille est encore trop jeune pour cela et nous sommes déjà aux alentours de 2000 €. Ça, ce sont pour les activités qui sont régulières. Après, il y a aussi les stages pendant les vacances, soit environ 150 euros par semaine et par enfant. »

Les difficultés financières liées aux activités extrascolaires ne sont pas l’apanage des familles nombreuses. Selon Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des Familles, « deux parents sur trois indiquent avoir des difficultés à payer ces frais ». Pour les familles à bas revenus, ce chiffre grimpe à 82%. Elle souligne que les activités extrascolaires deviennent un luxe pour de nombreuses familles. « D’une certaine manière, on peut dire que les activités extrascolaires deviennent un luxe pour les parents », explique-t-elle.

Les inégalités se creusent encore davantage lorsque l’on considère les coûts des activités. « Nous avons relevé les trois sports les plus chers pour les parents : l’équitation (846€), le tennis (575€) et le hockey (488€) », précise Madeleine Guyot. Ces disciplines sont souvent inaccessibles pour les familles à faibles revenus. De plus, la recherche de places dans les clubs sportifs s’avère difficile. Simon déplore : « Il n’y a clairement pas assez de place. Dans certains endroits, si l’on n’a pas déjà un pied dedans, c’est quasiment impossible de s’y inscrire. »

À l’approche de la rentrée scolaire, les défis financiers se multiplient. Madeleine Guyot rappelle que « à tout cela, il faudra rajouter les frais inhérents à la rentrée scolaire ». Simon ajoute qu’il peut également y avoir des coûts supplémentaires liés à des activités comme des semaines au ski ou à la mer. Dans ce contexte, certaines associations de parents tentent de soutenir les familles en difficulté par le biais de tombolas et d’autres initiatives.

Frank Duval, président de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique, souligne la gravité de la situation : « Pour beaucoup de familles en situation de précarité, la rentrée des classes n’a rien d’un moment joyeux. » L’association a lancé une opération de solidarité pour récolter des fonds afin d’offrir des fournitures scolaires aux enfants des familles les plus vulnérables. L’objectif est d’aider plus de 3000 écoliers. « Derrière les statistiques, il y a des parents qui doivent choisir entre payer certaines factures ou acheter des fournitures pour la rentrée. À force de renoncements, les inégalités se creusent dès le plus jeune âge », conclut-il.