
À 250 jours de la présidentielle française, qui sont les candidats ?
Le premier tour de l’élection présidentielle française est prévu pour le 18 avril 2027, soit dans 250 jours. Ce scrutin marquera la fin de la présidence d’Emmanuel Macron, qui aura occupé ce poste pendant dix ans. À l’approche de cette échéance, une multitude de candidats potentiels se manifestent, avec des estimations allant jusqu’à une trentaine de prétendants, selon les médias. Cependant, entre ceux qui bluffent pour soutenir d’autres, ceux qui explorent la possibilité de se présenter et ceux qui ont déjà officialisé leur candidature, la situation est complexe. Voici un état des lieux.
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se dessinent comme les figures les plus en vue de cette élection. Selon l’article 6 de la Constitution française, un président ne peut pas briguer plus de deux mandats consécutifs. Emmanuel Macron, ayant remporté les élections de 2017 et 2022, devra céder sa place. Marine Le Pen, qui a été battue par Macron lors des deux derniers scrutins, pourrait bien être la candidate de l’extrême droite. Sa situation a pourtant été mise à mal par une condamnation en mars 2025 à cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, ce qui aurait pu l’écarter de la compétition. Cependant, après un appel, sa peine a été réduite à 45 mois, dont 30 avec sursis, la rendant éligible pour 2027. Elle a confirmé sa candidature le soir même du jugement en appel.
Cette annonce a des répercussions sur la candidature de Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, qui était pressenti pour se lancer si Le Pen était inéligible. À 30 ans, il est perçu comme plus populaire dans les sondages. Bien que sa candidature ait été prête, il pourrait jouer un rôle de soutien dans la campagne de Le Pen, certains le voyant comme un futur Premier ministre en cas de victoire.
Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, a également officialisé sa candidature. À 75 ans, il espère atteindre le second tour, un objectif qu’il a frôlé en 2017. Son plan consiste à rassembler les voix de gauche dès le premier tour, se positionnant comme un « vote utile » pour assurer la présence de la gauche au second tour.
Cependant, sa stratégie est critiquée par certains segments de la gauche modérée, qui soulignent ses ambiguïtés, notamment en ce qui concerne des accusations d’antisémitisme. Alors qu’il cherche à élargir son électorat, sa capacité à séduire les électeurs du centre reste incertaine.
Dans le bloc central, trois anciens ministres se disputent le leadership. Édouard Philippe, ancien Premier ministre, est le mieux placé dans les sondages et a annoncé sa candidature pour le bloc central. Son principal rival est Gabriel Attal, ancien ministre, qui a également déclaré sa candidature. Un accord tacite semble exister entre eux pour que le moins bien classé se retire en temps voulu. Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur, a aussi été désigné comme candidat par Les Républicains.
Du côté de la gauche, plusieurs figures se sont déclarées. Bernard Cazeneuve, Jérôme Guedj et Karim Bouamrane sont en lice, tandis que Delphine Batho représente les écologistes. À l’extrême gauche, Nathalie Arthaud et d’autres candidats comme Selma Labib et Anasse Kazib ont également officialisé leur candidature.
D’autres personnalités, bien que moins connues, pourraient également se frayer un chemin dans cette élection. Florian Philippot, ancien cadre du Front National, a annoncé sa candidature, tout comme Nicolas Dupont-Aignan. À l’extrême gauche, François Asselineau et plusieurs autres candidats ont également fait part de leurs intentions.
Enfin, des personnalités issues de la société civile, comme Teddy Riner, ont exprimé des ambitions politiques, tandis que Matthieu Pigasse, homme d’affaires et propriétaire de médias, pourrait également envisager une candidature.
Alors que le paysage politique se dessine, les candidats se multiplient et les alliances se forment, rendant cette élection présidentielle particulièrement incertaine et dynamique.
