
Ralentissement en 2026, rebond en 2027 : l’écart de la croissance arabe
La dynamique de la croissance économique dans le monde arabe s’annonce délicate pour l’année 2026, selon les dernières projections du Fonds monétaire arabe (FMA) dans son rapport intitulé « Perspectives de l’économie arabe pour l’année 2026 ». En effet, le produit intérieur brut (PIB) de la région ne devrait enregistrer qu’une progression de 1,8 %, une nette baisse par rapport aux 3,9 % prévus pour 2025. Ce ralentissement est principalement attribué aux tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, qui impactent non seulement la production pétrolière et gazière des pays du Golfe, mais également les chaînes d’approvisionnement et le commerce international.
Cependant, cette phase de ralentissement ne devrait pas durer. Le FMA prévoit un rebond significatif de la croissance, atteignant 5,6 % en 2027. Ce regain d’activité serait soutenu par une reprise de la production pétrolière, un recul de l’inflation, une relance de la demande intérieure et la poursuite des réformes structurelles visant à diversifier les économies, notamment en faveur des secteurs non pétroliers.
Les pays exportateurs de pétrole, qui représentent environ 70 % du PIB arabe, subissent déjà les conséquences de l’instabilité régionale, ce qui fragilise leur secteur non pétrolier. En revanche, les nations importatrices de pétrole affichent une meilleure résilience, avec des prévisions de croissance de 4,2 % en 2026, suivies de 5,0 % en 2027, contre 3,7 % en 2025.
Concernant l’inflation, celle-ci devrait rester élevée, atteignant 15,1 % en 2026 avant de diminuer à 11,0 % en 2027. Ce déclin sera cependant limité par la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, ainsi que par des conditions économiques internes difficiles dans certains pays.
Le rapport du FMA souligne également que l’accumulation de capital demeure le principal moteur de la croissance dans la région, contribuant entre 1,4 et 1,6 point de pourcentage entre 2023 et 2025. Cette tendance devrait se poursuivre en 2026 et 2027, bien qu’elle varie considérablement entre les pays producteurs et ceux qui importent du pétrole.
Fahd ben Mohammed Al-Turki, directeur général du FMA, a mis en garde contre les défis variés auxquels les pays membres seront confrontés, en fonction de leurs structures économiques. Il a indiqué que la croissance effective pourrait dépasser son potentiel, ce qui entraînerait un écart de production positif. Cela appelle à une meilleure coordination entre les politiques budgétaire et monétaire pour maîtriser les pressions inflationnistes. Al-Turki a également exhorté les pays à se préparer à un éventuel resserrement de leur politique monétaire pour faire face à l’inflation et à ses impacts sur les finances publiques et le coût de la dette. Une gestion prudente des politiques économiques est essentielle pour assurer la soutenabilité budgétaire et monétaire, surtout avec un écart de production qui devrait se creuser en 2027.
Enfin, le rapport détaille les priorités budgétaires et monétaires des pays arabes pour 2026-2027, en mettant l’accent sur les réformes structurelles et les mesures d’urgence adoptées face aux tensions géopolitiques.
