
117 feux de végétation en Belgique en 2026, risque croissant.
La Belgique ne fait pas face aux incendies dévastateurs observés en Espagne ou en France, mais elle est de plus en plus confrontée à ce phénomène. Les chercheurs de la Faculté des bio-ingénieurs de l’UGent ont effectué des calculs. Cette année, la Belgique a déjà enregistré 117 feux de végétation.
Pour l’année 2025, il y en avait eu 115. En moyenne, entre 2010 et 2025, la Belgique connaît habituellement 62 feux par an. Nous avons donc déjà doublé ce chiffre, et l’été n’est pas encore terminé.
Cette année, 31 hectares de végétation ont déjà été réduits en cendres, et toutes les surfaces brûlées n’ont pas encore été entièrement cartographiées. « Ce n’est rien par rapport à la France ou l’Espagne, » admet le professeur Jan Baetens, spécialiste des incendies en espace naturel à la Faculté des bio-ingénieurs de l’UGent et représentant belge à l’EFFIS, le système européen d’information sur les feux de forêts. « Mais il y a eu quelques feux importants dans le Limbourg (à Maasmechelen, ndlr), ou à Croix-Scaille, près de Gedinne. »
Environ 80% des feux de végétation se produisent en Flandre, précisent les chercheurs. Cette année, le Limbourg représente 20,5% des feux de végétation enregistrés, suivi par la province de Namur (17%), Anvers (13,67%), la Flandre occidentale (22,5%), la Flandre orientale (10,23%), Liège (10,25%), le Luxembourg (6%), le Brabant flamand (4,3%), le Hainaut (3,4%) et le Brabant wallon (0,8%).
« Au cours des dernières décennies, une évolution nette s’est dessinée : au pic traditionnel des feux de végétation au printemps s’ajoute de plus en plus souvent un second pic durant l’été, » ajoutent-ils.
Ils insistent également sur l’impréparation de la Belgique face à ce risque, soulignant le manque de données systématiques sur les incendies. « Il est impossible de mettre en place une politique efficace si l’on ne sait pas précisément où, quand et pourquoi les feux de végétation se déclarent, » souligne Jan Baetens. D’où ce travail présenté ce mercredi. « Ces informations nous permettent de mieux cartographier les risques, de prédire le comportement des feux et d’aider plus efficacement les services de secours ainsi que les gestionnaires d’espaces naturels. »
L’impact du changement climatique sur les feux de végétation ne se limite donc pas aux pays méditerranéens. Le risque augmente également plus au Nord. Cela nécessite une approche globale, incluant la prévention et la sensibilisation du grand public. 95% des incendies sont d’origine humaine, qu’il s’agisse d’un acte volontaire ou d’une imprudence.
