Tebboune annonce de nouvelles hausses des salaires et retraites : dates d’application ?
L’étau financier qui pèse sur les foyers algériens est sur le point de se desserrer. Lundi soir, lors de son entrevue périodique avec des représentants de médias nationaux sur les plateaux de la Télévision et de la Radio nationales, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a abordé la question cruciale des revenus.
Bien que l’Algérie ait progressé dans le classement des pays en fonction du revenu par habitant, le président a reconnu que ces chiffres doivent avant tout se traduire par une amélioration tangible pour les ménages. Pour faire face à l’urgence des besoins quotidiens, une nouvelle série de revalorisations est en préparation, visant tant les travailleurs que les retraités.
Concernant la revalorisation des retraites, la hausse des salaires et le Salaire national minimum garanti (SNMG), Tebboune a confirmé qu’une nouvelle augmentation est prévue pour 2027. Cette mesure ne se limite pas aux fonctionnaires, mais s’applique également à l’ensemble du secteur privé afin d’harmoniser les bas salaires.
« Je m’engage à le faire à partir de 2027 », a-t-il affirmé. Toutefois, le gouvernement souhaite avancer avec prudence pour éviter que cette injection de fonds ne provoque une flambée des prix.
« Les revalorisations doivent être conduites sans provoquer une hausse de la masse monétaire susceptible d’alimenter l’inflation », a averti le président. L’objectif principal est d’apporter un soutien concret aux salaires sans que cela ne soit contrebalancé par une augmentation du coût de la vie.
Sur le terrain, le rattrapage salarial progresse rapidement. Dans la fonction publique, les augmentations ont déjà atteint 47 % de l’objectif global de 100 % promis par les autorités. Pour les seniors, en début d’année, les petites pensions (égales ou inférieures à 20.000 dinars) ont été revalorisées de 10 %, tandis que les retraites plus élevées ont bénéficié d’une augmentation de 5 %.
Parallèlement à ces chèques versés directement, l’État utilise d’autres leviers pour alléger les factures quotidiennes. L’impôt sur le revenu (IRG) est totalement supprimé pour ceux dont les revenus sont inférieurs à 30.000 dinars. Grâce à cette combinaison de mesures, l’inflation s’est stabilisée sous la barre des 2 %, selon l’Office national des statistiques (ONS).
Pour maintenir cette stabilité, les caisses publiques mobilisent des montants considérables : 2284 milliards de dinars injectés directement dans les transferts sociaux et l’aide aux personnes, 657 milliards de dinars dépensés pour maintenir des prix bas sur le lait, l’huile, le sucre et les céréales, 424 milliards de dinars alloués au paiement des pensions de retraite, et 420 milliards de dinars consacrés à l’allocation chômage.
L’essor de la production nationale et la diminution des importations ouvrent également la voie à d’autres revalorisations sociales très attendues, comme la hausse des bourses pour les étudiants.
En résumé, les autorités comptent sur une revalorisation directe des revenus, tout en surveillant de près les prix. Le gouvernement fournira davantage de détails sur le calendrier et les montants exacts lors des prochaines discussions budgétaires.
