Algérie

Santé en Algérie : traitements innovants pour insuffisance cardiaque et rénale

Près d’un million d’Algériens souffrent d’insuffisance cardiaque, avec 990 000 cas recensés dans le pays. Selon l’OMS, l’insuffisance cardiaque touche 64,3 millions de personnes dans le monde.


Près d’un million d’Algériens sont affectés par une insuffisance cardiaque. Les professionnels de santé recommandent aujourd’hui d’adopter une approche thérapeutique novatrice. Ces traitements récents visent à protéger le cœur tout en reportant le besoin de dialyse.

Un enjeu de santé publique majeur en Algérie

Selon l’OMS, l’insuffisance cardiaque touche 64,3 millions d’individus à l’échelle mondiale. En Algérie, cette affection progresse de manière alarmante avec 990 000 cas enregistrés. Les facteurs de risque continuent d’augmenter, aggravant ainsi la santé publique dans le pays.

Environ 30 % des patients développent des complications rénales dans les années suivant le diagnostic. Les maladies cardiovasculaires sont responsables de 36 % des décès prématurés en Algérie, un chiffre qui dépasse de loin ceux liés au cancer ou aux maladies infectieuses.

L’innovation médicale pour éviter le « naufrage » rénal

Le principal défi pour les autorités sanitaires demeure le dépistage précoce. Le Professeur Farid Haddoum, responsable du service de néphrologie au CHU Mustapha Pacha, décrit les maladies rénales comme « silencieuses et cachées ».

« La dialyse chronique est un échec de la médecine », a affirmé le Professeur Haddoum.

Il estime que les nouvelles catégories de médicaments, tels que les ISGLT2 et les GLP1, sont un tournant dans la prise en charge. Ces traitements protègent les reins de manière significative et réduisent considérablement le besoin de dialyse pour les patients souffrant de diabète ou d’hypertension.

Insuffisance cardiaque : un impact économique décisif pour l’État

De plus, le coût des soins pèse lourdement sur les finances nationales. Un traitement médicamenteux annuel s’élève entre 35 000 et 70 000 dinars par patient. En comparaison, une année de dialyse coûte 2 millions de dinars par personne.

Le Professeur Zoubir Sari, spécialiste en médecine interne, souligne la nécessité d’une approche globale. Il est d’avis que le système de santé est affaibli face aux hospitalisations fréquentes.

« Il est temps de passer d’une médecine cloisonnée à une approche coordonnée », a déclaré le Professeur Sari.

Il recommande ainsi une prise en charge intégrée du syndrome cardio-rénal, axée sur la prévention et l’anticipation, afin de soulager les finances de l’État.

La production locale comme levier de souveraineté

Les laboratoires pharmaceutiques intensifient leurs investissements en Algérie pour soutenir la politique de réduction des importations. AstraZeneca et El Kendi se distinguent parmi les acteurs clés de cette évolution.

AstraZeneca fabrique désormais localement des molécules innovantes destinées aux maladies chroniques. Leila Mourad, directrice d’AstraZeneca Algérie, a évoqué les ambitions de son entreprise.

« Nous restons pleinement engagés dans le développement de solutions innovantes tout en renforçant durablement la production locale », a-t-elle déclaré.

De son côté, le laboratoire El Kendi produit plus de 100 millions d’unités chaque année. Il propose 240 produits, dont une part importante est dédiée à la cardiologie. Ces investissements contribuent à garantir un accès équitable aux soins pour tous les citoyens.