Prospérité mondiale : quelle position pour l’Algérie en 2026 ? (Legatum Prosperity Index)
L’Algérie se positionne à la 83e place mondiale et à la 6e place sur le continent africain dans l’édition 2026 de l’indice Legatum de la prospérité, qui évalue la prospérité de 161 pays à l’échelle mondiale. Cet indice adopte une méthodologie globale qui dépasse les simples indicateurs économiques pour inclure le développement, la liberté et la cohésion sociale. Ce classement offre une mesure concrète de la prospérité mondiale en fournissant une vision à la fois globale et nuancée.
La 17e édition de cet indice, publiée par le Prosperity Institute, repose sur une approche mathématique innovante appelée « p-averaging ». Cette méthode vise à éviter qu’un point fort dans un domaine ne compense une faiblesse dans un autre, permettant ainsi une évaluation plus équilibrée et rigoureuse des niveaux de prospérité. Il s’agit d’une nouvelle manière d’analyser la prospérité à l’échelle mondiale pour tous les pays concernés.
Concrètement, un pays très développé mais manquant de liberté, ou inversement, ne pourra plus compenser sa moyenne grâce à de bons résultats dans d’autres domaines, contrairement aux éditions précédentes qui utilisaient une moyenne arithmétique classique. Ce nouveau mode de calcul permet donc une appréciation plus précise de la prospérité mondiale.
L’indice évalue la performance des pays à travers trois grands domaines : développement, liberté et société. Ces domaines sont eux-mêmes subdivisés en dix piliers : niveau de vie, santé, éducation, paix civile, liberté d’expression et de contestation, liberté économique, intégrité des familles, intégrité des communautés, intégrité de la société et intégrité de l’État. La diversité sociale et éducative est également un reflet de la prospérité mondiale.
D’après les données complètes de l’indice, l’Algérie présente des performances variées selon les domaines évalués, se classant au 85e rang mondial en développement, au 111e rang en liberté et au 64e rang en société, ce qui illustre bien la diversité de la prospérité parmi les différents pays.
Au niveau des dix piliers, l’Algérie enregistre les classements suivants :
– Niveau de vie : 82e
– Santé : 89e
– Éducation : 112e
– Paix civile : 87e
– Liberté d’expression et de contestation : 122e
– Liberté économique : 114e
– Intégrité des familles : 60e
– Intégrité des communautés : 81e
– Intégrité de la société : 58e
– Intégrité de l’État : 73e
Ces résultats montrent que l’Algérie tire une partie de sa performance globale de son domaine Société, avec des résultats relativement solides en matière d’intégrité de la société (58e) et d’intégrité des familles (60e). En revanche, le domaine Liberté, et en particulier le pilier « liberté d’expression et de contestation » (122e), constitue son point le plus faible. Ce panel d’indicateurs rend compte de la prospérité mondiale de manière détaillée.
Sur le plan africain, Maurice se distingue en occupant la 45e position mondiale. Voici les pays classés par l’indice Legatum de la prospérité, illustrant également la diversité de la prospérité à l’échelle mondiale :
1. Maurice (45e mondial)
2. Botswana
3. Tunisie
4. Maroc
5. Namibie
6. Algérie (83e mondial)
7. Afrique du Sud
8. Ghana
9. Gabon
10. Sénégal
À l’échelle mondiale, la Suisse conserve sa première place dans le classement 2026, grâce à un équilibre remarquable entre ses différents domaines et piliers. Son pilier le plus faible, l’intégrité des familles, se classe tout de même 15e mondial, une performance sans équivalent qui témoigne de l’absence de faiblesse majeure dans son profil. Cette stabilité est un atout pour comprendre la prospérité mondiale selon cet indice.
Le rapport met également en lumière d’autres évolutions notables : les États-Unis dépassent pour la première fois depuis 2015 le Royaume-Uni, tandis que des pays d’Europe de l’Est comme l’Estonie et la République tchèque intègrent pour la première fois le top 20 mondial, remettant en question la domination traditionnelle de l’Amérique du Nord et de l’Europe occidentale. Ainsi, la prospérité mondiale évolue rapidement selon l’analyse régionale.
Le rapport insiste sur un constat central : la prospérité ne dépend pas uniquement de la taille de l’économie, mais d’un équilibre entre développement, liberté et cohésion sociale. Cela explique, selon les auteurs, pourquoi certains pays aux économies plus modestes surpassent des nations bien plus vastes, grâce à la solidité de leurs institutions, à leur stabilité sociale et à l’étendue des libertés dont jouissent leurs citoyens, renforçant ainsi une vision plus large de la prospérité mondiale.
L’exemple de la Chine, qui chute de la 54e à la 110e place en raison de son très faible score en matière de liberté (150e mondial), illustre cette logique : la puissance géopolitique ne se traduit pas automatiquement par un épanouissement humain. En définitive, ces études révèlent la complexité de la prospérité dans le monde.
