Procès FAF : Zetchi, Charaf-Eddine et Zefizef restent en détention
Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a annoncé, ce mardi, un nouveau report dans l’affaire de corruption impliquant la Fédération algérienne de football. Le procès des trois anciens présidents de la FAF, Kheireddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef, ne se déroulera pas avant le 4 août 2026, selon des informations relayées par le média Echourouk. Ce report constitue la deuxième fois que la juridiction suspend l’examen de ce dossier complexe, qui concerne également plusieurs anciens membres du bureau fédéral, actuellement en détention provisoire.
La présidente de séance a accédé à la demande des avocats des prévenus, qui ont plaidé pour obtenir plus de temps afin de consulter l’intégralité des documents du dossier avant de procéder à toute plaidoirie. Cette requête a été jugée recevable, entraînant le renvoi de l’affaire à la date du 4 août prochain.
L’audience avait pourtant débuté de manière ordinaire, avec la convocation de toutes les parties concernées : accusés, témoins et parties civiles. Les trois anciens présidents de la FAF ont été introduits dans la salle d’audience, escortés, aux côtés des autres prévenus placés sous mandat de dépôt.
Les avocats des accusés ont profité de la tenue de l’audience pour renouveler leur demande de remise en liberté provisoire. Le parquet s’est opposé fermement à cette demande, invoquant la gravité des faits reprochés. Après délibération sur les demandes de forme, le tribunal a décidé de maintenir la détention pour tous les prévenus concernés.
Parmi les autres accusés appelés à comparaître figure Abdelghani N., ancien directeur de l’administration générale de la FAF, ainsi que plusieurs anciens membres du bureau fédéral dont les noms n’ont pas été divulgués.
L’affaire trouve son origine dans des soupçons concernant la passation irrégulière de marchés et de contrats au sein de la FAF. Selon les éléments retenus par l’instruction, ces opérations auraient été conclues en dehors des procédures légales et réglementaires, dans le but d’accorder des avantages injustifiés à des tiers. Cela aurait conduit à une dilapidation de fonds publics appartenant à la fédération et au Trésor de l’État.
Les chefs d’inculpation retenus contre les prévenus sont variés. Ils incluent l’abus de fonction, le détournement volontaire de deniers publics et la complicité dans ce détournement, la conclusion de contrats en violation de la législation en vigueur, l’octroi et la perception d’avantages indus dans le cadre de marchés passés avec des entités publiques, ainsi que le blanchiment d’argent. L’ensemble de ces infractions est prévu et réprimé par la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.
Les investigations menées par la brigade de lutte contre la criminalité économique et financière de la sûreté d’Alger ont établi des niveaux d’implication variés. Kheireddine Zetchi, à la tête de la FAF entre 2017 et 2021, est directement mis en cause pour avoir signé plusieurs contrats jugés litigieux, notamment ceux liés à l’organisation du CHAN-2023 et à la CAN U17, ainsi qu’un accord conclu avec une agence de voyages tunisienne sans mise en concurrence préalable.
Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef, ses successeurs respectifs à la présidence de l’instance fédérale, sont quant à eux poursuivis pour ne pas avoir mis fin aux contrats litigieux hérités de leur prédécesseur, ni alerté les autorités compétentes sur les irrégularités constatées, alors même que ces accords continuaient de produire leurs effets. Le dossier mentionne également des primes versées en devises étrangères et des factures d’hébergement artificiellement gonflées.
Il convient de rappeler que Zetchi a été placé en détention provisoire à la prison de Koléa en novembre 2024, accumulant à ce jour plus de dix-neuf mois d’incarcération. Charaf-Eddine Amara a été incarcéré une première fois en décembre 2025 dans une affaire distincte liée à sa direction du groupe public Madar, avant d’être de nouveau placé en détention en janvier 2026 dans le cadre du dossier FAF. Quant à Zefizef, son placement en détention provisoire a eu lieu en avril 2026, dans une affaire impliquant la société Frigomedit, en parallèle de sa mise en cause dans le dossier fédéral.
