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Situation au Moyen-Orient : pression des rebelles houthis et frappes américaines en Iran

Alors que la République islamique renforce son contrôle sur le stratégique détroit d’Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d’entraver le trafic maritime au départ et à destination des ports d’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde.

Le président américain a déclaré que les États-Unis « s’occuperont » des Houthis s’ils mettent en œuvre ce blocus maritime annoncé lundi. Son pays s’était déjà mobilisé contre ces rebelles lorsqu’ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, en menant des attaques de drones et de missiles contre des navires.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, suite à l’annonce houthie.

Si cette menace se maintenait, elle exercerait une pression accrue sur l’économie saoudienne et les marchés mondiaux, en privant le royaume de l’accès à ses ports de la mer Rouge, essentiels pour contourner le détroit d’Ormuz. Les experts estiment également qu’il y a un risque de perturber le trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb, sur la route maritime vers le canal de Suez.

De l’autre côté de la péninsule arabique, l’Iran continue de verrouiller Ormuz, où il a ciblé plusieurs navires ces derniers jours.

L’armée américaine, quant à elle, élargit ses frappes sur le territoire iranien, qui se limitaient initialement à la région bordant le Golfe, alors que Téhéran poursuit en riposte ses frappes contre des alliés régionaux des États-Unis.

« Si nous partions maintenant, cela prendrait à l’Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n’en avons pas fini du tout », a affirmé Donald Trump à des journalistes à la Maison Blanche.

En conséquence, les cours du pétrole ont encore augmenté mardi, après avoir atteint la veille un plus haut depuis plus d’un mois. Le prix du baril de Brent, référence internationale, a grimpé de 2,41% à 91,37 dollars vers 14H00 GMT.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a exprimé des « inquiétudes concernant la sécurité d’approvisionnement » en pétrole, tout en notant l’existence de « facteurs d’amortissement ».

Les tensions autour d’Ormuz avaient ravivé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d’accord signé mi-juin en vue d’un règlement durable du conflit. Celui-ci avait été déclenché par l’offensive israélo-américaine sur l’Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L’Iran, qui estime faire face à une « guerre totale » de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l’agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de faire « payer le prix plusieurs fois » à l’Iran pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi fait état d’au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis les premières escarmouches fin juin.

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn – qui abrite la Cinquième flotte américaine – ainsi que le Koweït ont annoncé avoir subi des attaques de drones et de missiles iraniens.

« L’ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes », ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, l’une des armées les plus puissantes du Moyen-Orient.

Le Koweït a accusé l’Iran d’avoir attaqué lundi des centrales électriques et des sites de dessalement d’eau, « pour le quatrième jour consécutif », et a convoqué mardi l’ambassadeur iranien pour protester contre l’attaque d’un pétrolier traversant le détroit d’Ormuz.

« Ce que le Koweït traverse aujourd’hui est quelque chose que nous n’avons même pas connu lors de l’invasion irakienne en termes de pression psychologique et d’incertitude », a confié à l’AFP Nasser al-Dhafiri, un fonctionnaire d’une quarantaine d’années.

Aucune avancée diplomatique concrète ne se profile, malgré la visite à Islamabad, médiateur du conflit, du ministre de l’Intérieur iranien Eskandar Momeini, pour des échanges avec de hauts responsables, dont le Premier ministre Shehbaz Sharif, qui a « exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue », selon son bureau.

M. Trump a réaffirmé que les Iraniens voulaient « désespérément » une rencontre, mais que « tant qu’ils ne sont pas prêts à le faire de façon constructive, nous n’en voyons pas l’intérêt ».

Israël n’a pas participé aux frappes, alors que sur le front libanais, l’accalmie persiste depuis la mi-juin et que le président Joseph Aoun a été reçu par Donald Trump mardi.