
Prison de haute sécurité de Tanezrouft : Tebboune annonce le calendrier de mise en service
Le président Abdelmadjid Tebboune, en sa qualité de chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, a dirigé ce mercredi une réunion de travail consacrée à la future prison destinée aux narcotrafiquants, qui sera située à Tanezrouft. Cette rencontre a rassemblé des figures clés, dont le général Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP, ainsi que le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, plusieurs officiers supérieurs de l’Armée nationale populaire et le directeur général de l’administration pénitentiaire.
D’après le communiqué émis par la Présidence, les discussions ont été structurées autour de trois axes principaux : l’état d’avancement des travaux de transformation de la caserne militaire, les modalités de réception de l’infrastructure et la date de mise en service. Actuellement sous la gestion de l’institution militaire, la caserne doit être transférée au ministère de la Justice une fois le bâtiment achevé.
Cette réunion, qui a réuni des représentants militaires et judiciaires, visait à établir un calendrier commun pour la transition. La présence du directeur de l’administration pénitentiaire souligne que l’étape opérationnelle, marquée par l’accueil des premiers détenus, se rapproche.
Il convient de rappeler que la décision de créer cet établissement pénitentiaire remonte à septembre dernier. Lors d’une réunion du Conseil supérieur de sécurité, le président avait décidé de convertir une caserne du Grand Sud en prison, une des deux mesures phares du plan de lutte contre la drogue.
Le choix de Tanezrouft comme site pour cette prison n’est pas anodin. Située à l’extrême sud-ouest du pays, entre Adrar et Bordj Badji Mokhtar, cette région s’étend sur environ 500 000 kilomètres carrés, caractérisée par un climat désertique où les températures peuvent atteindre près de 60 degrés. La route nationale 6 traverse cette zone, offrant peu de repères aux voyageurs.
Surnommé le désert de la soif, ce territoire représente un véritable dispositif de sécurité. Une tentative d’évasion dans ce milieu hostile serait presque suicidaire. De plus, cet isolement géographique vise à couper les liens entre les chefs de réseaux criminels et leurs complices urbains, souvent maintenus depuis les prisons traditionnelles.
Les autorités ciblent spécifiquement deux catégories de détenus : d’une part, les barons de la drogue, organisateurs des filières et financiers, et d’autre part, les revendeurs qui distribuent les produits illicites dans les quartiers.
Cette nouvelle prison s’inscrit dans un cadre plus vaste de lutte contre le trafic de stupéfiants. Le Conseil supérieur de sécurité a également validé la création d’une structure sécuritaire dédiée exclusivement à la lutte antidrogue, inspirée de modèles étrangers éprouvés.
Sur le terrain, les forces de sécurité intensifient leurs opérations. Début septembre, une organisation criminelle aux ramifications transfrontalières a été démantelée par les gendarmes, entraînant la saisie de plus de 71 kilos de résine de cannabis dans la région de Chlef. Cette opération a révélé l’existence d’une logistique bien structurée, impliquant transporteurs, entrepôts et distributeurs répartis sur plusieurs wilayas.
