Algérie

« Police de l’eau » : le futur décret annoncé par le ministre dévoilé


Le ministre des Ressources en eau, Lounès Bouzegza, a récemment dirigé une réunion cruciale à Oum El Bouaghi, rassemblant des élus locaux et des responsables sectoriels, pour évaluer la situation critique de l’approvisionnement en eau dans la wilaya. Ce bilan sans concession a abouti à l’élaboration d’un plan d’action immédiat, accompagné de projets ambitieux à l’horizon 2026, tout en annonçant une lutte résolue contre les pratiques frauduleuses qui privent de nombreux foyers d’un accès régulier à l’eau potable.

La wilaya d’Oum El Bouaghi, qui compte environ 868 000 habitants, est principalement alimentée par les eaux de surface du barrage d’Ourkis et des nappes souterraines. Malgré une production quotidienne dépassant les 163 000 mètres cubes, cette quantité est jugée insuffisante pour répondre aux besoins croissants de la population.

Pour remédier à cette insuffisance, l’État a initié la mise en service de 14 nouveaux forages, qui seront répartis dans plusieurs communes et permettront d’ajouter 27 820 mètres cubes d’eau par jour au réseau. De plus, des efforts seront déployés pour améliorer les infrastructures de distribution, avec la pose de plus de 504 kilomètres de canalisations et la réalisation de 12 650 raccordements individuels d’ici 2026.

Dès la semaine prochaine, Bouzegza a ordonné le lancement de 11 opérations d’urgence, insistant sur la nécessité de respecter les délais et d’assurer une distribution équitable entre toutes les communes. Les responsables locaux devront rendre compte de l’avancement de ces travaux, dans le cadre de la stratégie nationale de sécurité hydrique que le ministre met en œuvre depuis plusieurs mois.

Un des points saillants de cette réunion a été la lutte contre les raccordements clandestins et les actes de sabotage. Bouzegza a dénoncé les comportements de certains individus qui endommagent intentionnellement les conduites principales pour revendre l’eau, aggravant ainsi les pénuries et les inégalités d’accès. Pour contrer ces pratiques, un décret sur la police de l’eau est en préparation, visant à fournir aux autorités un cadre juridique adapté pour lutter contre ces abus.

En outre, la réunion a également abordé l’utilisation des ressources non conventionnelles. Bouzegza a salué les performances des stations d’épuration en place et a souligné l’importance de rediriger les eaux traitées vers l’irrigation des terres agricoles et l’approvisionnement du secteur industriel. Cette démarche vise à préserver les réserves d’eau potable pour les usages domestiques, une approche que le ministre promeut sur l’ensemble du territoire.