Algérie

La GN généralise le dépistage de drogues pour les chauffeurs.


Dans un contexte de renforcement des contrôles routiers pour lutter contre l’accidentalité, la Gendarmerie nationale de la wilaya de Blida a récemment arrêté le conducteur d’un autobus de transport de voyageurs. Ce dernier a été soumis à un test salivaire qui a révélé une présence d’amphétamines, selon les informations fournies par les autorités.

L’intervention a été orchestrée par la brigade de sécurité routière lors d’un contrôle de routine au barrage fixe de Tamzguida, situé sur l’autoroute Est-Ouest (A3) en direction de Blida. L’autobus, reliant Chlef à Alger, a été intercepté dans le cadre de cette opération.

Les gendarmes ont d’abord examiné les documents administratifs et l’état technique du véhicule, avant de procéder à un éthylotest suivi d’un dépistage salivaire. Ce dernier a mis en évidence une « réaction positive préliminaire indiquant une conduite sous l’emprise d’amphétamines (dérivés d’ecstasy) ».

Suite à cette découverte, le véhicule a été immobilisé et des poursuites judiciaires ont été engagées contre le conducteur, qui a également été accusé de deux autres infractions : avoir continué à conduire malgré une suspension de permis et l’absence d’une trousse de premiers secours à bord.

Cette opération s’inscrit dans une initiative plus large de la Gendarmerie nationale visant à endiguer les comportements à risque, souvent responsables d’accidents graves. Les forces de l’ordre intensifient l’utilisation de dispositifs de détection rapide d’alcool et de drogues, en mettant l’accent sur les conducteurs de bus et de poids lourds.

À Blida, des tests salivaires et des éthylomètres sont déployés lors de barrages fixes et mobiles, avec pour objectif d’instaurer une surveillance systématique sur les routes les plus fréquentées. Une représentante de la Gendarmerie a souligné, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, que la dangerosité des accidents ne résulte pas uniquement des infractions au Code de la route, mais aussi de la consommation de drogues et de psychotropes, qui représentent un danger direct pour les usagers.

Parallèlement, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a ordonné une mise en œuvre rapide des dispositions du Code de la route. Lors d’une réunion de coordination, il a insisté sur la nécessité de fournir tous les moyens techniques et logistiques pour réaliser des analyses médicales et toxicologiques dans les meilleurs délais. Il a également appelé à multiplier les campagnes de sensibilisation, en mettant en avant le slogan « Un été sans accidents… la responsabilité de tous », afin de sensibiliser les professionnels de la route à l’entretien de leurs véhicules et au respect des règles de conduite.

Cette réaction des autorités fait suite à un tragique accident survenu dans la wilaya de Boumerdès, où un autobus a basculé, causant la mort de 28 personnes et blessant 36 autres. Les analyses biologiques post-mortem ont révélé que le chauffeur, âgé de 33 ans et décédé dans l’accident, conduisait sous l’influence de plusieurs substances toxiques et possédait des comprimés psychotropes.

Les statistiques du ministère de l’Intérieur montrent que le facteur humain est à l’origine de 96,12 % des accidents de la route enregistrés en 2025. Entre le 26 juillet et le 1er août, la Protection civile a enregistré 74 décès et 1 951 blessés sur l’ensemble du territoire national, soulignant ainsi l’urgence des mesures mises en place.