Incendie de l’orphelinat de Mohammadia : festivités suspendues jusqu’à cette date
Le ministère de la Culture et des Arts a annoncé ce jeudi soir la suspension immédiate de l’ensemble des activités culturelles et artistiques à caractère festif sur tout le territoire algérien, pour une durée de trois jours. Selon les premières conclusions des experts de la police scientifique, le départ du feu lors de l’incendie de l’orphelinat de Mohammadia proviendrait d’une étincelle électrique générée par un climatiseur installé dans une chambre du premier étage.
Le ministère de la Culture et des Arts a annoncé ce jeudi soir la suspension immédiate de toutes les activités culturelles et artistiques à caractère festif sur tout le territoire algérien, pour une durée de trois jours. Cette décision, formulée sous forme de « directive stricte » adressée à toutes les institutions et directions de wilaya sous tutelle, fait suite à l’incendie tragique ayant ravagé l’Établissement de l’enfance assistée de Mohammadia. Le bilan provisoire fait état de 11 morts et 19 blessés, dont plusieurs enfants.
Signée par la ministre, la directive s’applique sans exception à toutes les manifestations à caractère célébratif organisées par les établissements culturels et les directions de wilaya. Aucune région du pays n’est exemptée de cette mesure d’urgence. Le communiqué du ministère souligne que cet arrêt vise à exprimer « une compassion profonde et une solidarité totale » envers les victimes du sinistre.
La mesure est immédiate et sans ambiguïté. Spectacles, concerts, festivals et tout événement à tonalité festive sont concernés. Cela constitue une posture de deuil institutionnel, rare dans sa forme, reflétant l’émotion collective suscitée par ce drame au sein des plus hautes sphères de l’État.
L’incendie de l’orphelinat de Mohammadia s’est déclenché aux premières heures du jeudi 16 juillet, vers 3h30 du matin, plongeant l’Algérie dans la stupeur. Parmi les victimes, dix enfants et une éducatrice âgée de 52 ans ont perdu la vie. Les secours ont également comptabilisé dix-neuf blessés, dont plusieurs souffraient de brûlures de divers degrés, tandis que d’autres présentaient des difficultés respiratoires ou un état de choc psychologique.
La Protection civile a mobilisé d’importants moyens pour maîtriser les flammes : dix camions anti-incendie, seize ambulances, une équipe spécialisée GRIMP et deux véhicules à échelles mécaniques.
Les sauveteurs ont évacué cinq personnes à besoins spécifiques vers un lieu sûr. Le Premier ministre Sifi Ghrieb, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, s’est rendu à l’hôpital des Grands Brûlés de Zéralda puis au CHU Mustapha Pacha pour s’enquérir de l’état des blessés, transmettant les condoléances du président Tebboune aux familles endeuillées.
Les experts de la police scientifique de la Sûreté nationale ont rapidement avancé une hypothèse sérieuse concernant l’incendie. Selon leurs premières conclusions, le départ du feu pourrait provenir d’une étincelle électrique générée par un climatiseur installé dans une chambre du premier étage, dont le fonctionnement continu dans un contexte de fortes chaleurs aurait causé le court-circuit fatal. Une enquête judiciaire est cependant toujours ouverte pour établir l’ensemble des responsabilités.
Ce drame se déroule dans un contexte météorologique particulièrement tendu. L’Algérie traverse depuis plusieurs jours une intense canicule, qui a également alimenté de nombreux feux de forêt à travers le pays. Le 16 juillet, deux citoyens volontaires ont perdu la vie à Beni Mouhli, dans la wilaya de Sétif, en essayant d’aider les secours face aux flammes. Toutefois, les responsables n’ont pas établi de lien officiel entre la vague de chaleur et l’incendie de Mohammadia.
Au-delà du deuil, des mesures concrètes sont mises en place. La ministre de la Solidarité nationale, Soraya Mouloudji, a présidé une réunion d’urgence consacrée aux suites du sinistre. Les autorités ont relogé les enfants rescapés dans des établissements alternatifs. Une cellule nationale de veille et de gestion des risques a également été créée, et un mécanisme numérique centralisé est en cours de mise en place pour assurer le suivi des normes de sécurité dans l’ensemble des structures du secteur.
La formation du personnel aux procédures d’évacuation et de prévention, en coordination avec la Protection civile, figure parmi les mesures annoncées. Ces décisions visent à éviter qu’un tel drame ne se reproduise dans les établissements accueillant des publics vulnérables.
