France : la justice confirme la fermeture temporaire d’une mosquée, explications à suivre
La mosquée de Chanteloup, située à Aulnay-sous-Bois, fera l’objet d’une fermeture administrative de six mois, comme l’a confirmé le tribunal administratif de Montreuil le 7 août. Cette décision fait suite à un arrêté préfectoral, émis par la préfecture de Seine-Saint-Denis, qui accuse le lieu de culte de favoriser des discours incitant à la violence et au terrorisme.
Le tribunal a rejeté le recours déposé par l’Association cultuelle d’Aulnay-Sud, gestionnaire de la mosquée, qui demandait la suspension de cette fermeture. Le juge a estimé que les éléments présentés ne constituaient pas une atteinte manifeste à la liberté de culte.
L’arrêté du préfet, pris le 27 juillet, s’appuie sur l’article L. 227-1 du Code de la sécurité intérieure, qui permet la fermeture temporaire des lieux de culte diffusant des idées incitant à la haine ou à la violence. Selon le tribunal, plusieurs intervenants de la mosquée ont tenu des propos problématiques, tant lors des prêches que sur les réseaux sociaux. De plus, les mesures correctives proposées par l’association ont été jugées insuffisantes, tandis que des fidèles partageant des idéologies radicalisées continuent de fréquenter le lieu.
Rafik Chekkat, l’avocat de l’association, a critiqué l’arrêté, le qualifiant de fondé sur des éléments vagues et sans preuves solides. Il a également souligné que cette décision portait atteinte à des principes fondamentaux tels que les libertés de culte et d’expression.
La préfecture a ciblé la mosquée pour son prétendu islamisme radical, citant trois prédicateurs en particulier. Hamid B. est accusé d’appels à la vengeance contre Israël et de discours haineux envers les chiites. Soufiane H. est critiqué pour ses discours salafistes et son apologie du terrorisme, tandis que Mutlaq A., un prédicateur koweïtien, a été banni de France pour avoir célébré l’attaque du 7 octobre 2023.
En réponse à ces accusations, les autorités ont gelé les avoirs de l’association et de son président début juillet. Le gouvernement français considère que la présence continue de ces intervenants et de personnes condamnées pour terrorisme au sein de la mosquée témoigne d’un ancrage idéologique extrémiste.
Ce n’est pas la première fois que la mosquée de Chanteloup se retrouve dans une telle situation, ayant déjà été fermée en 2019 pour des raisons de sécurité. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large, où plusieurs organisations musulmanes dénoncent une augmentation des fermetures administratives en France, qu’elles perçoivent comme un facteur alimentant un sentiment d’islamophobie.
