Complexe d’El Hadjar : un tournant après des années de difficultés pour le fleuron sidérurgique
Le complexe sidérurgique d’El Hadjar, emblème de l’industrie lourde algérienne, fait face à un défi majeur : la vétusté de certaines de ses installations. En visite à Annaba ce jeudi, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a effectué un état des lieux et a esquissé un plan ambitieux pour revitaliser ce site stratégique.
Accompagné du wali d’Annaba, le ministre a inspecté les différentes unités de production du complexe, qui dépend d’Al Solb, filiale de la Société nationale de sidérurgie (SNS). Lors de cette visite, il a pu évaluer les capacités industrielles du site et s’informer sur sa situation technique et organisationnelle.
L’évaluation a révélé que, bien que le complexe conserve une base industrielle solide, plusieurs installations ont atteint la fin de leur cycle de vie. Cela souligne l’urgence d’un programme de modernisation pour améliorer la productivité et l’efficacité énergétique. « Nous avons procédé à une évaluation globale de la situation actuelle du complexe d’El Hadjar. Le site dispose d’une base industrielle importante, mais une partie significative de ses installations est désormais obsolète », a déclaré le ministre.
Pour relancer le complexe, Yahia Bachir a identifié quatre axes prioritaires : moderniser les équipements de production avec les dernières technologies, intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur allant de la réduction directe du fer aux produits finis, établir des partenariats industriels internationaux basés sur le principe du « gagnant-gagnant », et générer une valeur ajoutée tout en créant de nouveaux emplois pour renforcer la souveraineté industrielle de l’Algérie.
Le ministre a également demandé aux responsables du complexe de dresser un état des lieux complet et d’explorer des solutions d’amélioration tout en modernisant les méthodes de gestion. Il a exprimé des réserves quant aux partenariats passés avec des opérateurs étrangers, qui n’ont pas toujours donné les résultats escomptés. Il a souligné que le manque de clarté des objectifs stratégiques et l’insuffisance des mécanismes de suivi et d’évaluation avaient contribué à ces échecs. À l’avenir, il souhaite privilégier des collaborations qui favorisent le développement des compétences nationales et l’intégration durable du complexe dans les chaînes de valeur industrielles.
La visite a également porté sur les équipements de laminage industriel récupérés dans le cadre de la lutte contre la corruption. Yahia Bachir a ordonné une expertise technique pour évaluer leur état et envisager leur intégration dans des projets industriels viables. « Nous insistons sur la nécessité de valoriser ces actifs industriels et de ne pas les laisser se détériorer », a-t-il affirmé.
Enfin, le ministre a évoqué le foncier industriel récupéré à Berrahal, en soulignant les opportunités de développement de nouveaux projets, notamment dans la transformation du fer et de l’acier, afin d’accroître la valeur ajoutée industrielle dans la région d’Annaba. À l’issue de sa visite, il a réaffirmé que le renforcement de l’industrie lourde reste une priorité pour le gouvernement, mettant en avant le rôle clé du complexe d’El Hadjar et du groupe Ferrovial dans cette stratégie. Les pouvoirs publics continueront d’œuvrer pour réaliser cette vision et renforcer la souveraineté industrielle du pays.
