397 400 T exportées : l’Algérie, 1ᵉʳ fournisseur européen d’un produit clé
L’Algérie a connu une forte augmentation de ses exportations de naphta vers l’Europe en juillet 2026, atteignant près de 400 000 tonnes. Ce chiffre propulse le pays au sommet des fournisseurs sur le marché européen, surpassant des nations comme l’Italie, l’Espagne et les États-Unis. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient et de perturbations maritimes qui redéfinissent les circuits d’approvisionnement en hydrocarbures.
D’après les informations fournies par Argus Media, basées sur une analyse de Vortexa, les importations de naphta en Europe ont atteint 1,74 million de tonnes en juillet, en hausse par rapport aux 1,25 million de tonnes de juin, soit une augmentation de 39,2 %. Dans cette tendance, l’Algérie joue un rôle clé.
En juillet, les exportations algériennes vers l’Europe se sont élevées à 397 400 tonnes, un niveau record depuis mai 2025. Ce succès place l’Algérie en tête des fournisseurs, devant l’Italie avec 264 700 tonnes, l’Espagne avec 212 300 tonnes et les États-Unis avec 160 800 tonnes. Cette montée en puissance s’accompagne d’une hausse générale des importations de naphta en Europe, une matière première essentielle pour diverses industries.
L’essor des exportations algériennes s’explique en partie par sa proximité géographique avec l’Europe, permettant un approvisionnement rapide aux pays méditerranéens sans recourir à des routes maritimes longues. Les tensions au Moyen-Orient et les risques en mer Rouge et au détroit de Bab-el-Mandeb ont modifié les flux d’énergie, rendant l’Algérie une alternative logistique attrayante. De plus, une part des volumes auparavant destinés à l’Asie a été redirigée vers l’Europe, contribuant ainsi à l’augmentation des livraisons.
Cependant, l’Algérie ne se limite pas à l’Europe. Les exportations vers l’Asie ont également progressé, passant de 292 000 tonnes en juin à 441 000 tonnes en juillet. Cette hausse répond à la quête des marchés asiatiques pour sécuriser leurs approvisionnements dans un climat international incertain. Le Japon, en particulier, a manifesté un intérêt accru pour le naphta algérien, exprimant son souhait de tripler ses importations.
Parallèlement, l’Algérie envisage d’accroître sa production de naphta. Actuellement, le pays exporte près d’un million de tonnes par an, le plaçant parmi les principaux exportateurs du monde arabe. Sonatrach, l’entreprise nationale, projette d’augmenter cette capacité avec un nouveau projet visant à produire 738 000 tonnes supplémentaires. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de diversification des produits énergétiques exportés, allant au-delà du pétrole brut et du gaz naturel.
La performance de juillet souligne une transformation des flux de naphta sur le marché international. Alors que l’Europe intensifie ses importations, l’Algérie, avec ses 397 400 tonnes livrées, se positionne comme le premier fournisseur de naphta sur le continent. La demande soutenue, tant en Europe qu’en Asie, laisse entrevoir un avenir prometteur pour le naphta algérien, qui pourrait jouer un rôle croissant dans l’offre énergétique mondiale à mesure que les capacités de production et de raffinage du pays se développent.
