Tunisie

Sécurité routière : Zones à 30 km/h, priorité à la prévention.

L’Association des ambassadeurs de la sécurité routière (ASR) a organisé, jeudi 4 juin 2026, une journée de sensibilisation destinée aux chefs d’unité de la police de la circulation et de la Garde nationale, consacrée à l’application de la loi relative aux zones où la vitesse est limitée à 30 km/h. La présidente de l’ASR, Afef Ben Ghenia, a souligné que la limitation à 30 km/h représente un véritable outil de protection de la vie humaine, particulièrement dans les zones fréquentées par les enfants et les jeunes.

Il est crucial d’agir sur le comportement des conducteurs et chauffeurs sur les routes tunisiennes afin de respecter la limitation de vitesse dans les zones à 30 km/h. Cela va bien au-delà, car il s’agit d’adopter de nouvelles habitudes face aux drames humains qui continuent de touché des familles et de lourdement affecter l’économie tunisienne.

L’atelier technique de l’ASR, en collaboration avec ses principaux partenaires comme l’Onsr, représente un progrès significatif pour améliorer la sécurité routière en Tunisie et agit dans cette direction. La prévention doit primer sur la répression seule…

La Presse — Dans un contexte où les accidents de la route continuent de causer de nombreuses victimes en Tunisie, la question de la vitesse en milieu urbain est plus que jamais essentielle pour la sécurité publique. C’est dans cette optique que l’Association des ambassadeurs de la sécurité routière (ASR) a organisé, le jeudi 4 juin 2026, une journée de sensibilisation destinée aux chefs d’unité de la police de la circulation et de la Garde nationale, axée sur l’application de la loi relative aux zones où la vitesse est limitée à 30 km/h.

Au-delà de la présentation des textes réglementaires, cette rencontre a été un moment d’échange et de réflexion autour d’une conviction simple : derrière chaque limitation de vitesse se trouve avant tout la volonté de sauver des vies.

Une mesure qui dépasse le simple cadre réglementaire

Réunis avec des spécialistes et des acteurs de terrain, les participants ont exploré les divers aspects liés à la mise en œuvre des zones à 30 km/h en Tunisie. Les débats ont porté sur le cadre juridique existant, les données concernant les accidents en milieu urbain et scolaire, l’impact de la réduction de la vitesse sur la gravité des collisions, ainsi que sur les mécanismes de contrôle et les aménagements urbains nécessaires pour l’efficacité de cette mesure.

Les échanges ont également permis de mettre en avant plusieurs expériences locales réussies et de confronter les réalités du terrain aux objectifs de la législation.

À l’issue des travaux, la présidente de l’Association des ambassadeurs de la sécurité routière, Afef Ben Ghenia, a souligné que l’un des principaux enseignements de cette journée réside dans la prise de conscience collective que la limitation à 30 km/h n’est pas seulement une obligation réglementaire. Elle représente, selon elle, un véritable outil de protection de la vie humaine, en particulier dans les zones fréquentées par les enfants et les jeunes, notamment aux abords des établissements éducatifs.

Mme Ben Ghenia a noté une adhésion marquée des responsables sécuritaires présents, qui ont pleinement pris conscience de l’importance de leur rôle dans la prévention des accidents et la protection des vies humaines.

Préparer le terrain pour une application plus efficace

Les discussions ont révélé plusieurs priorités. La première concerne l’accélération de l’aménagement des zones à 30 km/h à travers l’installation de tous les équipements nécessaires, notamment la signalisation horizontale et verticale. Les participants ont estimé que les municipalités et les directions régionales du ministère de l’Équipement ont un rôle crucial à jouer pour créer des conditions favorables à une application efficace de la loi.

Une autre recommandation importante a porté sur le renforcement des mécanismes de contrôle et de suivi sur le terrain. Les participants ont également plaidé pour une modernisation des outils de constatation des infractions grâce à l’utilisation accrue des technologies numériques, estimant que cela permettrait d’accélérer les contrôles, d’augmenter leur fiabilité et de réduire la dépendance à l’intervention humaine.

L’ensemble des intervenants ont également insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents acteurs concernés. En effet, la sécurité routière, ont-ils rappelé, n’appartient pas à une seule institution mais représente une responsabilité partagée impliquant les collectivités locales, les ministères, les forces de sécurité et la société civile.

Du contrôle à la protection

Si les aspects techniques ont joué un rôle important dans les débats, l’atelier a surtout été marqué par une réflexion approfondie sur la dimension humaine de la sécurité routière.

Les échanges ont mis en évidence l’importance de la communication comportementale pour favoriser le respect des limitations de vitesse. Ils ont aussi souligné la nécessité d’adopter une approche globale alliant contrôle, aménagement urbain et sensibilisation.

Les responsables de terrain ont partagé leurs expériences quotidiennes, évoquant les difficultés rencontrées ainsi que les initiatives innovantes développées localement pour améliorer la sécurité des usagers.

Pour Afef Ben Ghenia, l’une des évolutions les plus cruciales réside dans la nécessité de faire évoluer la perception du rôle des agents chargés du contrôle routier. Selon elle, il est essentiel de passer progressivement d’une logique centrée exclusivement sur la verbalisation à une logique davantage orientée vers la protection. L’agent devient alors un acteur de prévention dont la mission principale est de contribuer à préserver des vies.

Cette approche a trouvé un écho particulier lors de la diffusion de témoignages poignants de familles ayant perdu un enfant suite à un accident causé par des excès de vitesse. Ces récits ont rappelé avec force que les drames routiers ne se résument pas à des statistiques. Derrière chaque accident, il y a des familles endeuillées, des projets de vie interrompus et des souffrances qui perdurent bien au-delà des événements.

Le drame de l’Aïd rappelle l’urgence d’agir

La récente tragédie survenue durant les célébrations de l’Aïd El-Kébir a naturellement été au cœur des discussions. Pour la présidente de l’ASR, cet accident constitue un rappel douloureux de la réalité de l’insécurité routière en Tunisie.

Elle estime que ce drame illustre une nouvelle fois les conséquences parfois irréversibles de la vitesse excessive et du non-respect des règles de circulation. Il met également en évidence la nécessité de renforcer les dispositifs de contrôle durant les périodes de forte affluence sur les routes, tout en continuant les efforts visant à modifier durablement les comportements des conducteurs.

Mme Ben Ghenia a également insisté sur l’importance d’investir dans des infrastructures routières plus sûres et mieux adaptées aux exigences de la prévention moderne.

Pour elle, des initiatives comme cette journée de sensibilisation prennent tout leur sens dans un contexte où chaque action susceptible de réduire le nombre de victimes revêt une importance particulière. Car au-delà des réglementations, des équipements et des contrôles, l’enjeu reste avant tout humain : garantir que chaque usager puisse rentrer sain et sauf auprès de sa famille.

À travers cette rencontre, l’Association des ambassadeurs de la sécurité routière réaffirme sa conviction que la réduction de la vitesse en ville n’est pas seulement une question de circulation. C’est avant tout un choix collectif en faveur de la vie, de la sécurité et de la protection des générations futures.