Drift radiocommandé : la glisse à Villers-Perwin sur quatre roues
Les pilotes passent un temps important à peaufiner les réglages de la voiture et de la radiocommande avant de lancer leurs engins sur la piste. En 2024, Alan Deppe et deux autres membres du team Drift-Passion de Villers-Perwin ont terminé dans la première moitié du classement d’une compétition internationale à Kuala Lumpur en Malaisie.
C’est une discipline qui requiert doigté et précision, tant pour les réglages que pour le pilotage. Avant de lancer leurs véhicules sur la piste, les pilotes consacrent beaucoup de temps à finaliser les réglages de leur voiture et de leur radiocommande. « Le drift exige de la finesse », souligne David Nopenère, passionné de modélisme aérien et automobile. Il ajoute : « C’est une discipline où l’ambiance est incroyable. On partage tous les trucs et on s’entraide. » Cela peut s’expliquer par le fait qu’il est difficile de prendre du plaisir seul dans cette discipline. « En battle, lors des compétitions, il y a un traceur et un chasseur », complète Alan Deppe, du team Drift-Passion de Villers-Perwin. « Le traceur tente de proposer la trajectoire la plus fluide possible, tandis que le chasseur doit le suivre de très près sans le toucher, en l’accompagnant dans ses virages. »
Le but n’est pas d’être le plus rapide que son adversaire. Trois juges sont présents pour évaluer les performances. Des zones appelées « box » sont marquées le long des courbes. Le pilote doit déraper de manière à ce que l’arrière de sa voiture reste dans cette zone durant la courbe. S’il en sort, il perd des points, tout comme s’il touche les bords. À l’entrée et à la sortie des « box », des cibles rapportent des points si elles sont touchées par la voiture. « Les battles sont filmées. Si nécessaire, les juges utilisent la vidéo pour départager les pilotes. Ils évaluent les trajectoires, la fluidité et la finesse du pilotage. On peut comparer ça au patinage artistique », précise Alan Deppe. En 2024, lui et deux autres membres de son équipe ont terminé dans la première moitié du classement d’une compétition internationale à Kuala Lumpur, en Malaisie. « Les Asiatiques sont vraiment forts. »
Le coût de cette passion est à prendre en compte. Un ensemble comprenant le véhicule et la radiocommande peut être trouvé pour 750 euros. « Mais je ne le recommande pas », tempère Alan Deppe. « C’est du matériel prêt à l’emploi, mais la finesse du drift nécessite que chaque pilote ajuste sa voiture et sa radiocommande avec les pièces qui lui conviennent le mieux. On change ceci, on remplace cela… Pour un millier d’euros, on peut acquérir du bon matériel pour débuter. L’avantage, c’est qu’il y a très peu de casse. Ce qu’on remplace le plus souvent, ce sont les pneus, tous les 2 ou 3 mois, et cela ne coûte que 12 euros pour un jeu de 4 pneus. » En plus de l’investissement matériel, il faut considérer les frais de déplacement, car la discipline est encore peu connue et il y a peu de pistes disponibles. En Wallonie, il y a celle de Villers-Perwin et une autre en région liégeoise, ainsi qu’une à Renaix. Chaque week-end, des pilotes de toute la Wallonie mais aussi de Flandre, des Pays-Bas, de France et d’Allemagne se rendent à Villers-Perwin pour pratiquer et s’entraîner, l’accès à la piste coûtant 12 euros par jour.
José, qui a découvert le drift il y a deux mois, ne laisse pas l’investissement l’arrêter : « Je suis venu juste pour voir en février et la semaine suivante, j’étais là pour m’y mettre. Depuis, je viens chaque semaine. On ne peut pas se permettre de rester juste 10 minutes. On vient, on regarde, le temps passe et on reste. On est littéralement hypnotisé. Certains comparent cela à de l’art, de la danse classique. »

