Roland-Garros 2026 : Le graphique qui a rendu fous les téléspectateurs
Le graphique sur le « suivi de performances » de fin de set à Roland-Garros illustre l’évolution de la performance des joueurs avec une abscisse pour le score et deux ordonnées pour l’indice de performance. L’indice de performance, qui se base sur d’autres sous-catégories, établit une hiérarchie de la qualité des joueurs sur les 52 dernières semaines, avec Sinner étant le meilleur joueur du monde selon le site de l’ATP.
Est-il nécessaire d’avoir un doctorat en mathématiques pour comprendre un match de tennis ? Cette interrogative a traversé l’esprit des téléspectateurs à chaque apparition rapide du fameux graphique sur le « suivi de performances » à la fin de chaque set tout au long du tournoi de Roland-Garros. Pour ceux qui se sont sentis démunis face à son interprétation, sachez que vous n’êtes pas seuls : beaucoup ont également éprouvé des difficultés.
Le premier problème réside dans la complexité de l’écran par rapport au temps d’affichage de l’image, ne facilitant pas l’analyse. Entre la courbe blanche, la courbe transparente, l’indice de performance, les scores et les pointillés, la quantité de données à traiter dans un temps limité était écrasante pour nos esprits. Il fallait donc trouver une solution pour figer l’image. Une simple capture d’écran, en somme. Facile.

Ce graphique présente une abscisse (le score) et deux ordonnées (l’indice de performance). La courbe illustre l’évolution de la performance des joueurs au fil du jeu. Une possible interprétation est que Zachary Svajda n’a pas su tirer parti de son temps fort au milieu de cette manche, avant de subir une baisse de régime qui coïncide avec une élévation significative du niveau de jeu de Flavio Cobolli au moment de son break (4-3). Cette dynamique se renforcera jusqu’à la victoire de l’Italien dans la manche.
Les pointillés représentent les données de performance moyennes des tours précédents, fournissant un référentiel par rapport au match actuel. Il apparaît que ni Zvajda ni Cobolli ne jouent à leur niveau moyen, sauf pour l’Italien en fin de set.
Le mystère de l’indice de performance reste à élucider. Qui est-ce, d’où vient-il, quel est son rôle ? Enquête.
Pour faire bref, l’indice de performance est la métrique tendance. On le retrouve notamment sur le site de l’ATP qui indique que cette métrique se base sur d’autres sous-catégories telles que les jeux de service, les jeux de retour, le taux de conversion des points en situations d’attaque ou de défense, ainsi que la qualité du coup droit et du revers. Cet indice est censé établir une hiérarchie fondée sur la qualité intrinsèque des joueurs sur les 52 dernières semaines. Sur le site de l’ATP, nous apprenons que Sinner est actuellement le meilleur joueur au monde, suivi de Carlos Alcaraz, Novak Djokovic et Alexander Zverev. Arthur Fils se classe 12e.
Le « momentum », nouvel outil du tournoi
Pour revenir à notre histoire, le fameux graphique aperçu à l’écran durant le tournoi était une initiative et un désir du responsable des équipes digitales de la FFT, en collaboration avec le partenaire du tournoi Infosys, une société indienne de services informatiques. Ensemble, les deux parties ont développé une fonctionnalité pour l’application et le site de Roland-Garros dénommée « Momentum », un chef-d’œuvre graphique similaire au précédent, mais avec des couleurs. Explications.

« On peut avoir un jeu blanc, un « 15 », ou encore une « égalité » (deuce), sans être confronté à une balle de break, ou bien on peut avoir ce qu’on appelle un « jailbreak » (jeu sauvé), où l’on fait face à plusieurs balles de break, mais on réussit malgré tout à gagner le jeu, explique Navin Rammohan, vice-président senior et responsable du pôle marketing d’Infosys. Chacun de ces éléments contribue ainsi au « momentum » d’une certaine manière. Nous avons donc défini ce concept. »
Au tennis aussi, dominer n’est pas gagner
Dans ce contexte, l’échelle de performance de 1 à 10 est remplacée par une échelle de 1 à 100, qui rappelle la possession de balle au football, mais l’idée demeure la même : prouver que le score peut parfois être détaché de la dynamique, et que l’adage « dominer n’est pas gagner » peut être appliqué au tennis. Rammohan précise : « Lors de nos premiers essais avec ce concept, nous avons remarqué que même si nous affirmions qu’un joueur avait le ‘momentum’, il pouvait tout de même se faire breaker. Cela nous a pris du temps pour accepter que ce n’était pas une erreur. Un joueur peut avoir le momentum tout en se faisant breaker malgré un cours de jeu classique. »
Aussi intéressantes soient-elles, ces données visent avant tout les personnes n’ayant pas le match sous les yeux, comme l’affirmeront les responsables d’Infosys à la fin de la discussion. Les spectateurs et téléspectateurs arrivent, quant à eux, à des conclusions similaires sur le « momentum » avec un peu de bon sens. Pas besoin de courbe ou de graphique complexe, sauf à vouloir embrouiller le suiveur de tennis. Dans ce cas, c’est plutôt réussi.

