Pluies et orages intenses : la FWA souligne que les agriculteurs ne doivent pas porter seuls les risques climatiques
Des averses très nombreuses et intenses ont provoqué des dégâts et des pertes pour certains maraîchers. À partir de 2027, il y a une série de nouvelles mesures qui entrent en vigueur et qui conditionneront l’accès des agriculteurs à une partie des aides de la Politique Agricole Commune.
Ces derniers jours, de fortes pluies ont transformé certains champs en étangs. Dans plusieurs zones, ces quantités importantes d’eau, parfois accompagnées de grêle, ont causé d’importants dégâts, entraînant même des pertes considérables pour certains maraîchers. Benoît Haag explique que « dans les prairies couvertes toute l’année et dans les terres arables avec des céréales d’hiver semées en octobre ou novembre, il existe déjà un important couvert au printemps qui protège partiellement de l’érosion ».
Cependant, le secrétaire général de la Fédération Wallonne de l’Agriculture précise que pour les semis printaniers de betteraves, de maïs, de pommes de terre ou de légumes, « les plantes sont encore très très fragiles à ce stade de l’année, tout comme dans les potagers où les plantes sont jeunes et ne couvrent pas encore toute la surface du sol. Ainsi, le sol est beaucoup plus sujet à l’érosion ».
Des mesures de prévention sont mises en place pour protéger les cultures. Les agriculteurs doivent adapter leurs pratiques et parfois planter à des moments différents. Ces dernières années, certains ont déployé des efforts importants en matière de prévention des inondations et des coulées de boue, souligne Benoît Haag, qui présente les mesures mises en œuvre :
– L’itinéraire cultural, avec l’implantation de couverts qui restent présents dans la parcelle jusqu’à ce que la pomme de terre soit plantée. « On détruit le couvert au printemps, juste avant d’implanter la pomme de terre. »
– Des solutions techniques, comme des cloisonnements entre les buttes de pommes de terre durant la période délicate où le feuillage n’est pas encore développé. « On crée une série de petites cuvettes qui empêchent l’eau de créer de grands courants qui suivent les lignes de buttes. Cela permet de diminuer l’érosion. »
– L’installation de bandes enherbées en bas de pente ou la division de parcelles.
– L’adaptation de l’orientation des lignes dans lesquelles sont plantées les cultures, pour ralentir les courants d’eau qui peuvent se former lors d’orage violent.
Ces nouvelles normes ne sont pas obligatoires, mais elles sont soumises à la conditionnalité dans le cadre de la politique agricole commune. De plus, « à partir de 2027, il y aura une série de nouvelles mesures qui entreront en vigueur et qui conditionneront l’accès des agriculteurs à une partie des aides de la Politique Agricole Commune. Ces aides dépendront de l’application de ces bonnes pratiques », avertit le secrétaire général de la Fédération Wallonne de l’Agriculture.
Comme on peut le constater, des périodes d’orage et de pluies intenses deviennent de plus en plus fréquentes. Benoît Haag rappelle que « nous pouvons agir en amont, en faisant de la prévention et en adaptant autant que possible l’itinéraire cultural ».
Lorsque des dommages surviennent, le Fonds des calamités aide les agriculteurs, moyennant un dossier administratif complet. « Celui-ci passe par des commissions communales et nécessite un accord au sein du gouvernement. » Toutefois, avec la fréquence accrue et l’intensité des événements climatiques causant de tels dégâts, « ce système d’indemnisation des calamités agricoles est aujourd’hui à bout de souffle car il n’a pas été conçu pour être sollicité aussi souvent et de manière aussi significative ».
Pour Benoît Haag, il est crucial de changer le système. « Il faudrait établir un autre partenariat entre la société et les agriculteurs pour gérer ces risques climatiques et qu’ils ne soient pas porteurs de ce fardeau seuls. Cela pourrait passer par un partenariat public-privé entre des assureurs et les pouvoirs publics », propose-t-il pour répartir le risque et le coût de la prime. « En fin de compte, si le système est bien conçu, cela peut coûter beaucoup moins cher aux autorités régionales. »
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